L’UPF-RDC plaide pour la suppression des taxes et redevances de la presse

L’UPF-RDC plaide pour la suppression des taxes et redevances de la presse

3 mai 2020 0 Par Rédaction

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai de chaque année, la section de l’Union internationale de la presse francophone en République démocratique du Congo (UPF-,RDC) a formulé quelques recommandations aux autorités congolaises.

« Journalisme sans crainte ni complaisance », est le thème choisi cette année pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse.

À cet effet, la section de l’UPF-RDC félicite d’abord, dans une déclaration, le président de la République, Félix Tshisekedi pour les avancées, « certes très timides mais annonciatrices des changements à venir », telles que les atteste le Rapport 2020 des Reporters Sans Frontières.

Selon ce rapport, la RD Congo gagne 4 places au classement mondial et ne détient aucun journaliste en prison.

Ainsi, l’UPF-RDC encourage le Chef de l’État à être encore plus regardant sur les brutalités policières dont sont victimes les journalistes en ce temps de confinement, dans lequel se trouvent  quelques  agglomérations du pays, et d’état d’urgence sanitaire  en vigueur sur toute l’étendue du territoire national.

 Par exemple, note l’UPF, « deux reporters de la chaîne RTVS1, munis des macarons et portant des masques, en route vers leur bureau dans la commune de la Gombe, ont été interpellés, amenés de force au camp Lufungula, entendus par la police avant d’être relâchés ».

L’UPF-RDC demande au président de la République d’accorder plus de moyens aux médias pour qu’ils jouent efficacement leur partition dans la communication relative à la riposte contre le Coronavirus.

Consciente du bien-fondé des mesures prises par le gouvernement et  visant à réduire l’impact négatif du COVID-19 sur la situation économique, l’UPF-RDC promet de soutenir la relance des activités des entreprises au moyen d’un financement du Fonds pour la promotion de l’industrie à taux zéro.

À cet effet, elle  sollicite au chef du  gouvernement que les journaux, organisés en petites et moyennes entreprises, jouissent des mesures similaires et que les intrants qu’ils utilisent soient exonérés des taxes et autres impôts.

La situation dans le secteur de la presse imprimée est très alarmante, surtout après le confinement de la commune de la Gombe où se réalisent les plus grosses ventes à la criée.

Certains clients ont suspendu leurs abonnements de peur d’être infectés par le papier journal.

 Dans la foulée, un des plus grands quotidiens du pays s’est vu contraint de mettre en chômage technique une bonne partie de ses effectifs.

Nécessité des états généraux de la presse

En outre, l’UPF-RDC demande au ministre de la Communication et des Médias de suspendre l’application de certains articles de « l’arrêté interministériel du 17 novembre 2019 portant fixation des taux des droits, taxes et redevances ».

Il s’agit principalement, des articles se rapportant à la « redevance de contrôle de conformité d’une radio ou télévision privée » fixée à 500 dollars américains payables « au plus tard le 31 mars » de chaque année ; des droits d’accréditation d’un journaliste étranger (2 000 dollars tous les deux ans) ou de déclaration préalable d’un média en ligne ( 5000 dollars ) ou encore d’un diffuseur des programmes ( 30.000 dollars).

La section de l’UPF en RDC  encourage le ministre de la Communication et des Médias à  convoquer, dès que possible, les états généraux de la presse pour,  notamment,  remplacer la loi sur la liberté de la presse de 1996,  devenue obsolète, et jeter des bases justes pour l’éclosion d’une presse véritablement indépendante, dans un pays où la plupart des médias ayant pignon sur rue sont des propriétés très privées des hommes politiques, et où le journaliste est très souvent désocialisé.

Par ailleurs, l’UPF-RDC recommande à la profession de faire sienne cette recommandation de la directrice générale de l’Unesco :

« … Dans un monde aussi interdépendant comme le révèle cette crise, chaque menace ou attaque contre la diversité et la liberté de la presse, et contre la sécurité des journalistes, nous concerne tous ».

Nkole