COVID-19 : l’état d’urgence sanitaire, une mine d’or pour la police congolaise

COVID-19 : l’état d’urgence sanitaire, une mine d’or pour la police congolaise

4 mai 2020 0 Par Rédaction

Dans un communiqué, la Dynamique chrétienne pour la  défense des droits humains et de l’environnement (DCDHE), une organisation de la société civile congolaise, encourage le président Félix Tshisekedi Tshilombo pour toutes les mesures prises dans son ordonnance présidentielle sur  l’état d’urgence sanitaire pour  prévenir et lutter contre la pandémie de COVID-19 en RDC.

Cependant, la DCDHE dénonce la montée des violations manifestes des droits de l’homme par les tracasseries policières à travers plusieurs communes de la ville de Kinshasa (Masina, Ngaba, Lemba, Kalamu, Limeté, Matete et Makala), dont sont victimes les paisibles citoyens.

Les plus visés sont, surtout, les moto-taximen (Wewa) et les conducteurs des véhicules de transport en commun.

L’organisation constate que les policiers, en cette période, se permettent de « créer les infractions et les peines », en violation de l’article 61 de la Constitution point 4 qui consacre le principe de la légalité criminelle pendant l’état d’urgence.

La DCDHE observe,  avec amertume, les comportements indignes des agents de sécurité. Tous ceux qui oublient de porter des masques en public sont sanctionnés, selon les humeurs de chaque policier.

Les receveurs des bus et les conducteurs de taxis sont interpellés par des unités de la police non qualifiées qui, souvent, ont tendance à  extorquer l’argent dans les poches des « coupables de n’avoir pas porté le masque ». « Et, ils arrachent violement les motos sans PV de saisie », note l’association.

Cette structure dénonce un nouveau phénomène qui commence à s’installer sur Rond-point Ngaba, où les policiers, exploitant l’ignorance des « Wewas », leur arrachent les motos au motif de « conduire en culotte » ou de ne  « pas porter un habit propre » en cette période d’état d’urgence sanitaire.

La DCDHE regrette que les attributions de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) ne soient pas clairement élucidées dans l’ordonnance déclarant l’état d’urgence sanitaire, en sa qualité de Pédagogue officiel du Pouvoir public en matière des droits de l’homme.

Ainsi, la DCDHE recommande au président de la République et au gouvernement congolais de doter la CNDH, au niveau national et dans toutes les provinces, de moyens de mobilité pour bien faire le monitoring des violations des droits de l’homme et de bien sensibiliser les éléments de la Police de travailler dans les limites de l’ordonnance proclamant l’état d’urgence sanitaire.

GK