Justice congolaise : la VSV s’inquiète pour l’intégrité physique de l’évêque Pascal Mukuna

Justice congolaise : la VSV s’inquiète pour l’intégrité physique de l’évêque Pascal Mukuna

22 mai 2020 0 Par Rédaction

La vie du responsable de l’église « Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK) serait en danger à la Prison centrale de Makala où il est placé en détention préventive.

L’organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme « La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) » dit être vivement préoccupée par des informations alarmantes, frisant indubitablement un cri de détresse, lancées par l’évêque Pascal Mukuna.

A en croire ce dernier, le mercredi 20 mai 2020 vers 02h00’ du matin, des personnes non autrement identifiées auraient tenté à plusieurs reprises de forcer la porte et la fenêtre de la cellule dans laquelle il est incarcéré à la Prison centrale de Makala (PCM), pour éventuellement lui faire du mal ou le nuire. L’évêque Pascal Mukuna se dit être très inquiet pour sa vie et sa sécurité et confirme être en danger.

La VSV note que ces cris de détresse ne font que renforcer les craintes et les inquiétudes soulevées dans son communiqué de presse n°013 publié le samedi 16 mai 2020 sur la vie et la sécurité de l’évêque Pascal Mukuna. Cela, au regard de ce qui était arrivé dans la même prison à l’archbishop Kutino Fernando de l’église Armée de Victoire.

Aussi, la VSV se demande si la Prison Centrale de Makala n’est plus sécurisée, pour que des individus non autrement identifiés puissent y opérer et mettre en danger un détenu bien connu comme l’évêque Mukuna.

Cette ONGDH souligne : « De telles menaces en plein milieu carcéral posent avec acuité la problématique de l’indépendance du pouvoir judiciaire en République démocratique du Congo (RDC) et susciteraient de fortes craintes à l’égard de tous les justiciables.

Elle s’inquiète : « D’aucuns se demandent qui gère au quotidien la Prison centrale de Makala qui commence à faire peur aux Congolaises et Congolais? Est-ce l’ancien régime, est-ce le nouveau régime ou la justice congolaise? ».

La VSV se demande de quoi ceux qui ont pesé pour l’arrestation de l’évêque Pascal Mukuna ont-ils peur en cherchant à le tuer, si les faits repréhensibles lui reprochés sont véridiques, et qu’un procès est en vue ? Une autre information est parvenue à La  VSV, faisant état d’une crise qu’a piquée l’évêque Pascal Mukuna, et que ce dernier est hospitalisé à la même Prison centrale de Makala. 

La VSV rappelle aux autorités congolaises que l’évêque Pascal Mukuna a droit aux soins de santé appropriés et que son évacuation vers un hôpital ou un centre médical de son choix s’avère plus qu’indispensable.

En définitive, la VSV demande aux autorités congolaises éprises de justice en général et au Président de la République, Chef de l’Etat en particulier en sa qualité de magistrat suprême, de tout mettre en œuvre pour l’ouverture d’une enquête réellement indépendante sur l’insécurité dont fait l’objet l’évêque Pascal Mukuna dans sa cellule à la Prison centrale de Makala, afin que les auteurs, commanditaires et exécutants répondent de leurs actes conformément aux lois de la République démocratique du Congo; de garantir, sans faille, la sécurité de l’évêque Pascal Mukuna de l’ACK, sinon son transfèrement vers une résidence surveillée en attendant l’ouverture de son procès.

Et enfin, de mettre un terme à l’instrumentalisation de la justice congolaise, afin de permettre à celle-ci de travailler en toute indépendance.

Des magistrats instrumentalisés !  

Officiellement, le pasteur Mukuna en détention préventive à la Prison centrale de Makala depuis le jeudi 14 mai 2020 consécutivement à la plainte déposée le vendredi 8 mai 2020 par Mme Mamie Tshibola. Cette denière l’accuse de « viol, détention illicite des documents parcelaires et menaces de mort ».  Peu avant cette plainte, des vidéos sextapes ont abondamment et sans pudeur circulé dans les réseaux sociaux, montrant les deux précités en plein rapport sexuel.

A la VSV, loin l’idée de confirmer ou d’infirmer la véracité et le contenu de ces vidéos, on dénonce cependant la mise en circulation desdites védéos qui portent gravement atteinte aux bonnes mœurs et surtout à la dignité de Mme Tshibola et de l’evêque Mukuna, devenu encore plus célébre avec son mouvement « d’Eveil patriotique » qui ne cesse de dénoncer, depuis plusieurs mois, les violations des droits humains perpétrées pendant le règne de l’ancien Président Joseph Kabila.

A ce sujet, cette ONGDH relève que l’evêque Mukuna a même fait officiellement une dénonciation, en date du 7 mai 2020, desdites violations des droits humains contre l’ancien régime dirigé par le président Joseph Kabila, donc avant la plainte de Mme Tshibola.

La VSV s’étonne sur la célérité avec laquelle l’affaire « Mme Tshibola contre l’évêque Mukuna » est traitée par la justice congolaise qui n’a, pourtant pas, manifesté un quelconque empressement en ce qui concerne les faits graves, délictueux ou criminels, tels que l’assassinat des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, Armand Tungulu, des manifestants de la démocratie, les fosses communes de Maluku…dénoncés par l’evêque Pascal Mukuna.

La VSV craint donc que l’évêque Pascal Mukuna fasse les frais de sa campagne d’éveil patriotique et des violations des droits de l’homme qu’il a dénoncées. Les craintes et les inquiétudes de la VSV pour la vie et l’intégrité physique et mentale du pasteur Mukuna sont d’autant plus grandes au regard de ce qui est arrivé à l’archbishop Kutino Fernando, arrêté, brutalisé, torturé et incapable d’exercer aujourd’hui son ministère en tant que pasteur, suite à sa campagne d’éveil patriotique « Sauvons le Congo ».

La VSV dénonce toute instrumentalisation de la justice à des fins politiques ou inavouées et promet de poursuivre sans relâche son combat pour une réelle indépendance de la justice en RDC, pour l’avènement effectif de l’Etat de droit.

Elle insiste : « Quel que soit ce que l’on peut reprocher à l’evêque Pascal Mukuna, rien ne peut justifier que la liberté d’opinion dont il jouit et à laquelle il a droit à travers son mouvement d’éveil patriotique, lui attire des ennuis pour le reduire au silence. Les personnes ou les personnalités touchées ou lésées par les propos de l’évêque Pascal Mukuna ont également le droit d’user de la même liberté d’opinion pour lui répondre sans chercher à instrumentaliser la justice contre lui en profitant des vidéos sextapes ».

La VSV fustige le montage des vidéos sextapes devenu monnaie courante en RDC pour porter atteinte à la dignité de la personne humaine en ciblant les personnes à qui l’on veut régler des comptes dans le but soit, de les humilier, de les réduire au silence ou de les empêcher de s’engager pour des causes nobles.

La VSV appelle les acteurs politiques, sociaux et autres à mettre fin à cette pratique (vidéo sextape) qui avilit la femme et l’homme et qui viole le droit au respect de la dignité reconnu à toute personne humaine.

Pour terminer, la VSV demande à la justice congolaise de veiller à son indépendance dans l’affaire évêque Mukuna et de garantir la vie, l’intégrité physique et mentale de ce dernier.  

Par D. Mupompa