RDC: les dommages collatéraux de l’inconscience

RDC: les dommages collatéraux de l’inconscience

29 mai 2020 0 Par Rédaction

La République démocratique du Congo (RDC) est secouée, comme le reste de pays du monde, par la pandémie de coronavirus. Une maladie inattendue qui a permis d’étaler la fébrilité et la négligence des dirigeants des institutions et de leurs gouvernés. Les autorités sont contraintes à sortir de leur cachoterie pour être vues du monde entier. Il fallait alors que le « mal-bien aimé » coronavirus frappe là où ça fait le plus mal, pour que la plaie de toujours soit enfin exposée à la vue et au su de tous.

La fébrilité ! Parce que non seulement tous – gouvernants et gouvernés- ont tremblé et tremblent encore face au Covid-19, mais aussi parce que le système de santé, qui devait faciliter une riposte efficace à la taille même de la pandémie, a étalé toutes ses faiblesses et déclaré forfait. Conséquence : la main tendue vers d’autres Etats, d’ailleurs plus ravagés par le virus ; des personnes atteintes du virus abandonnées à leur triste sort ; des hôpitaux ressemblent de plus en plus à des mouroirs en lieu et place des sites de guérison.

Ce ne sont pas des allégations, mais des faits réels. La Chine, les Etats- Unis et bien d’autres nations n’ont- ils pas envoyé à la RDC leurs aides pour la riposte ? D’où leur vient cette possibilité d’aider alors que ce sont eux qui sont le plus frappés par ce virus ? « N’avons-nous pas entendu certains malades, mis en quarantaine, quitter l’hôpital pour aller se faire soigner à la maison en décriant les mauvaises conditions dans ces hôpitaux ? », s’est interrogé un élu national.

L’insuffisance

Certains hôpitaux ont  déploré le manque de respirateurs et d’autres matériels nécessaires à la riposte contre le Covid-19. C’est le résultat de la négligence qui a élu domicile dans cette RDC qui, en tant qu’Etat, n’est pas née à la dernière pluie.

Le 30 juin prochain, le pays fêtera ses 60 ans d’accession à la souveraineté internationale. Qu’a- t-il fait alors de toutes ces bonnes années ? Cette remise en question amène à relever le « mal congolais » depuis des décennies : la négligence. D’abord, celle des gouvernants qui ont fait croire au petit peuple que grâce à eux, il a retrouvé la paix, il a des écoles et universités modernes, des hôpitaux de qualité.

Or, à bien observer, il n’y a rien de tout cela, car il n’y a rien dans ce pays qui ressemble à une école, à une université ou à un hôpital. Pour preuves, les enfants des dirigeants étudient aux frais du Trésor public dans les meilleures écoles et universités occidentales. Et, lorsque ces dirigeants ou leurs membres de famille sont malades, ils sont pris en charge par le Trésor public pour des soins appropriés dans les vrais hôpitaux au Nord.

Pendant ce temps, ce petit peuple applaudit, chante et danse, en toute inconscience, pour tel ou tel autre dirigeant politique. Il jubile et salue ce qu’il appelle « bienfaisance » de ces politiciens qui viennent le tromper avec des bonbons comme on fait endormir un bébé.

Cette inconscience est encore énervante quand, en plein milieu de la pandémie, ce «petit peuple » accepte volontiers de s’exposer au risque de contamination pour soutenir tel ou tel autre tortionnaire, interpellé par la justice pour des détournements des montants qui dépassent même le budget, non encore réuni, à allouer à la riposte de la pandémie.

Certains analystes, aux vues de tout ceci, donnent raison à Modeste Mutinga qui, en 2010, alors sénateur, a été révolté par la mégestion et la chosification des Congolais par les dirigeants ainsi que le silence coupable de la population.  Il a pu dénoncer, à travers son ouvrage « RD Congo, République des inconscients », un comportement inhumain dont la population regrette les effets aujourd’hui.

En clair, l’inconscience des Congolais tue plus que la pandémie de coronavirus. Car, en réalité « une âme sans conscience n’est que ruine ».

Bajika Ndeba