RDC : plus 16 millions de déplacés internes et de réfugiés attendent d’être sécurisés par des lois adhoc

RDC : plus 16 millions de déplacés internes et de réfugiés attendent d’être sécurisés par des lois adhoc

1 juin 2020 0 Par Rédaction

En République démocratique du Congo, plus de 16 millions de personnes dans le besoin d’assistance et d’aide humanitaire attendent du Parlement, dont la session de mars s’est ouverte lundi 16 mars 2020, l’examen et le vote des lois ad hoc.

Environ 900.000  réfugiés et demandeurs d’asile  congolais, ayant fui les affres des conflits armés dans la partie orientale de leur pays, vivent dans des conditions difficiles en Ouganda (quelque 400.000), au Burundi (plus de 84.000), au Rwanda (au-delà de 75.000), en Tanzanie (75.000), en Zambie (50.000), en Angola (23.000) et au Congo (21.000). Ils sont à la quête d’une protection immédiate, d’une assistance humanitaire et d’une aide pour  reconstruire leurs vies respectives pour les personnes déracinées dans les pays d’asile environnants.

Les conflits armés font 5 millions de déplacés internes

« Outre la malnutrition aiguë sévère qui touche 1,3 million d’enfants de moins de 5 ans, quelque 8,1 millions de Congolais ne seront pas en mesure de subvenir à leurs besoins essentiels », estiment les humanitaires.

Cinq millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de la RDC, dont certaines ont été déracinées à plusieurs reprises. Plus de 2 millions de personnes ont été nouvellement déplacées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ainsi que dans la  province de l’Ituri.

En raison des violences, des milliers de nouveaux réfugiés ont fui par-delà les frontières depuis début 2019. Ce qui en fait le pays le plus touché par les déplacements internes en Afrique.

La rougeole et Ebola, 2 épidémies majeures

Deux épidémies majeures – la rougeole et le virus d’Ebola – ont tué des milliers de personnes. Plus de 15 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et 4 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë », s’alarment-ils.

Urgence des lois appropriées

Si un Plan régional 2020-2021 d’aide en faveur des réfugiés (RRRP) a été lancé par le HCR pour un financement évalué à 1,8 milliard USD, l’élaboration des textes de lois au niveau du gouvernement et leur adoption à l’Assemblée nationale ainsi qu’au Sénat s’avèrent une urgence.

En effet, en octobre 2019 à Kinshasa, la Conférence internationale sur les solutions durables aux situations de  déplacements en RDC avait recommandé au gouvernement congolais de :

1. Parachever le processus de ratification de la Convention sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées internes (dite Convention de Kampala), en déposant les instruments de ratification auprès de la Commission de l’Union africaine (conformément à l’article 16 alinéa 21 de la Convention de Kampala);

2. Organiser le recensement biométrique national de la population;

3. Mettre en œuvre le Pacte de la CIRGL et ses Protocoles, notamment le Protocole sur l’assistance aux personnes déplacées et celui relatif à la propriété des rapatriés ;

4. Mettre en œuvre la Convention de Kampala une fois ratifiée ainsi que le Pacte des Grands Lacs sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs, ratifié par la RDC, et ses Protocoles, notamment le Protocole sur la protection des personnes déplacées;

5. Adopter une loi spécifique sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées internes, accompagnée d’une politique nationale ainsi que d’un cadre d’application;

6. Organiser un programme d’information et d’éducation sur la Convention de Kampala à l’intention de la Société civile, des déplacés internes et des communautés hôtes y compris la traduction de la Convention de Kampala dans les 4 langues nationales ;

7. Travailler en amont des crises de déplacement en mettant en place des mécanismes visant à renforcer le tissu social et à promouvoir la cohabitation pacifique entre les communautés en conflits, en mettant pleinement les femmes et des autres groupes à risque (notamment les personnes appartenant à des groupes minoritaires et autochtones) dans les efforts de gestion des conflits, de réconciliation et de reconstruction ;

8. Améliorer les mécanismes d’alerte rapide pour prévenir les crises qui entraînent le  déplacement des populations et s’assurer que la réponse d’urgence ne constitue pas la seule réponse aux problématiques du déplacement ;

9. Mettre en place un cadre national devant contribuer à garantir les droits au logement, terre et propriété;

-L’article 10 de la Convention de Kampala stipule que « les instruments de ratification ou d’adhésion sont déposés auprès du président de la Commission de l’Union africaine;

10. Assurer la justice et réparation aux victimes de violation des droits humains et du droit  international humanitaire y inclus les survivants des violences sexuelles ;

11. S’approprier le cadre de recherche de solutions durables et mettre en œuvre des dispositions concrètes visant à assurer aux personnes déplacées des conditions d’un retour digne, sécurisé et durable dans leurs milieux d’origine ou de leur Intégration durable dans les communautés  d’accueil;

12. Financer la stratégie nationale sur les solutions durables ;

12. S’attaquer aux problèmes de développement qui se posent dans les situations de déplacement interne, etc.

Voilà à quoi devrait se consacrer, entre autres questions, le Parlement

Par Angelo Mobateli