Procès 100 jours : le conseiller économique à la Présidence accuse Kamerhe de montage financier

Procès 100 jours : le conseiller économique à la Présidence accuse Kamerhe de montage financier

5 juin 2020 0 Par Rédaction

M. Marcellin Bilomba soutient que le directeur de cabinet a profité du programme de 100 jours du président Félix-Antoine Tshisekedi pour commettre un détournement intellectuel.

A la quatrième audience du procès qui oppose l’auditeur général et la République démocratique du Congo aux prévenus Vital Kamerhe, Jammal Samith et Jeannot Muhima devant le tribunal de Grande instance qui siège en chambre foraine à la prison centrale de Makala, certains témoins n’ont émis sur la même longueur d’ondes que le prévenu Vital Kamerhe.

Appelé à faire sa déposition, le témoin Marcellin Bilomba, conseiller principal en charge de l’Economie et des Finances à la Présidence de la République, n’y est pas allé du dos de la cuillère. S’adressant aux juges, il a déclaré que le programme en question n’a été qu’un un montage financier, un détournement intellectuel.

Il a relevé qu’il y a un comité des finances à la Présidence de la République, mais ce comité n’a pas été associé. Il a noté que bien que baptisé « Programme de 100 jours », ce projet n’était pas appelé à se réaliser nécessaire en cent jours. Il pouvait aller jusqu’au-delà de six mois. Pour le conseiller Marcellin Bilomba, l’idée était bonne, mais elle a été mal conçue.

A la question du juge président de savoir s’il faisait partie de la commission des experts, il a lancé : « J’y avais été incorporé. Mais dès la première réunion, j’ai claqué la porte. Car la réunion en question était plutôt un festin ».

De l’avis de ce témoin, le projet de la construction des maisons auraient pu être confié aux entrepreneurs locaux qui allaient travailler avec des moyens locaux. Car ce qui a été fait préjudicie la République sur le plan économique.

Programme quinquennal ou de 100 jours !

A ce sujet, il a affirmé que la montant avancé de 57 millions est faux. Il a  causé avec le gouverneur de la Banque centrale du Congo qui lui a montré un document de 66.700 millions de dollars décaissés pour la construction de ces 1500 maisons préfabriquées.

Réagissant à ces propos, le prévenu Vital Kamerhe a dit aux juges que dans le cadre de la commission, le conseiller Marcellin Bilomba a touché l’argent de l’Etat pour un travail qu’il n’a pas fait. Il s’est écrié : « C’est ça le détournement ». Il en a profité pour demandé à l’égard de ce conseiller : « En une année et demie d’existence, combien de notes techniques a-t-il produit par rapport avec son secteur ? ».

Le conseiller Bilomba a ainsi rétorqué : « J’ai produit pas moins de 50 notes techniques par semaine, mais le DIRCAB était distrait. Il y a trois de cela trois semaines, nous avons parlé avec le Président de la République  pour voir comment sortir de la crise ».

Revenant à la charge, les avocats de la défense ont menacé de porter plainte contre Marcellin Bilomba pour faux témoignage. Ils ont argué que le gouverneur de la Banque centrale du Congo qui est passé n’a pas donné ce montant. Le témoin a alors exhibé un document de la banque, mais qui a été contesté par la défense.

Quant au député Peter Kazadi, il a fait comprendre aux juges que la commission travaillait plutôt sur le programme quinquennal du chef de l’Etat, qui a été transformé ensuite par le directeur de cabinet en programme de 100 jours. Selon lui, on n’a jamais traité du projet des maisons préfabriquées au niveau de la commission.

Il a ajouté : « Notre travail était plutôt politique que technique. Concernant le programme de 100 jours, il était déjà là lorsque le DIRCAB m’a intéressé. On n’a pas participé à la conception des travaux, et je ne sais pas d’où sont venus les prestataires ».

Appelé à réagir, M. Vital Kamerhe a dit que la méthodologie était de prendre les projets qui existaient déjà. Pour certains, c’est l’Office de voirie urbaine et l’Office des routes qui choisissaient les prestataires.

Sur ce, l’audience a été renvoyée à la huitaine, soit au jeudi 11 mars 2020 pour plaidoiries.

Par D. Mupompa