Kinshasa : la COVID-19 pourrait faire mourir de faim beaucoup de filles à Pakadjuma

Kinshasa : la COVID-19 pourrait faire mourir de faim beaucoup de filles à Pakadjuma

23 juin 2020 0 Par Rédaction

La pandémie de Coronavirus bouleverse le mode de vie de la planète terre depuis décembre 2019.

En République démocratique du Congo (RDC), les entrepreneurs, grands ou moyens, les vendeurs, grossistes ou détaillants, tous se plaignent de leurs entreprises qui ne tournent presque pas. Il en est des promoteurs des écoles, des pasteurs des églises, fonctionnaires et artistes, dont les plaintes sont devenues des complaintes, l’hymne national.

Mais, le calvaire risque d’emporter plusieurs des jeunes filles qui pratiquent le métier le plus vieux du monde à Pakadjuma, dans la commune de Limete, à Kinshasa.

Ces marchandes du sexe, qui mangent à la sueur de leur corps, connaissent la période la plus agitée et désastreuse endéans ce temps de confinement.

En effet, depuis le début de la COVID-19, la fréquentation des hommes est réduite dans ce quartier, considéré comme le bastion de la pratique du sexe dans la capitale congolaise.

Les abonnés ont peur d’être atteints, non pas du Sida, mais de Coronavirus. Surtout qu’actuellement, c’est Limete qui est l’épicentre de ce virus mortel.

« Je dois respecter la distanciation sociale, mon ami est mort récemment de cette pandémie qui tue sans excuses « , explique un vendeur ambulant qui est originaire du lieu.

Cette réticence masculine a des répercussions dangereuses sur la vie de cette catégorie de filles dont le sexe tourne à plein régime. Les partenaires occasionnels et intempestifs sont devenus rares à Pakadjuma.

À la tombée du jour, ces jeunes filles qui, pour la plupart, habitent sous le toit parental, sortent de leurs logis comme des fourmis qui quittent leurs termitières.

À cause de la rareté des hommes, ces commerçantes charnelles et nocturnes se jettent et se bousculent à l’approche d’un simple passager, même s’il ne vient pas pour le sexe.

Elles ont décidé de revoir le prix à la baisse. Si, en temps ordinaire, elles exigent 3000 FC pour faire plaisir à un homme deux ou trois minutes durant, aujourd’hui avec 1000 FC, le marché est conclu.

Comme les maris circonstanciels se font rares, ce sont les motocyclistes qui paient les pots cassés.

 » Nous souffrons beaucoup avec les filles qui viennent de loin pour se prostituer à Pakadjuma. J’en ai transporté une hier qui m’a demandé d’attendre devant le portail de leur parcelle, le temps qu’elle me prenne l’argent dans la maison. Comme elle trainait, je l’ai suivie. Quelle ne fut ma surprise de la trouver nue et me demander de monter sur le cheval en compensation« , raconte un Wewa qui affirme avoir décliné l’offre.

Ce motocycliste révèle que ce genre de pratiques est devenu très fréquent en cette période de Coronavirus. Ce trentenaire explique que ses collègues, dont le sexe est monté dans la tête, succombent régulièrement à la première proposition.

 » Je fais une admonestation à tous les hommes d’éviter de passer de ce côté là dans la soirée et la nuit« , a-t-il conseillé. Ce conducteur de moto estime que beaucoup de filles risquent de mourir de faim à cause de COVID-19.

Bajika Ndeba