Me Merphy Pongo : « Aubin Minaku et Garry Sakata mettent la RDC en danger »

Me Merphy Pongo : « Aubin Minaku et Garry Sakata mettent la RDC en danger »

24 juin 2020 0 Par Rédaction

Tout est parti du dossier du DG de l’OGEFREM , Patient Sayiba, ouvert à la police criminelle du Parquet général près la Cour de cassation. « Malgré le mandat d’amener émis contre lui, Patient Sayiba n’a jamais été arrêté jusqu’à ce jour », note Me Merphy Pongo.

L’avocat regrette, par contre, le fait que le vice-Premier ministre, ministre de la Justice avait demandé au Procureur général près la Cour de cassation de mettre fin aux poursuites judiciaires contre le D.G de l’OGEFREM.

Le Procureur général près la Cour de cassation n’a pas obtempéré à cette injonction, en se basant sur l’article 151 de la Constitution (cfr différentes correspondances entre le VPM de la Justice, le Procureur général près la Cour de cassation et le Conseil supérieur de la magistrature).

Pour Me Merphy Pongo, c’est donc cet événement qui a poussé la coordination du FCC à demander à deux députés du Kwilu, Aubin Minaku (élu d’Idiofa) et Garry Sakata (élu de Bagata), de concevoir les propositions de lois (cfr interpellation du VPM de la Justice à l’Assemblée nationale au sujet des immunités parlementaires).

D’ailleurs, avant ça, Merphy Pongo se souvient du passage du VPM de la justice à l’Assemblée nationale, après l’arrestation du député MLC Jean Jacques MAMBA.

Du haut de la tribune de l’Assemblée nationale,Tunda Célestin a demandé aux députés de réviser les lois pour qu’il ait beaucoup de pouvoirs sur les procureurs et mettre fin à l’avènement d’une République des juges.

Trois propositions de lois anticonstitutionnelle

« Aucun crime n’a jamais été parfait », tance l’avocat .

Pour Me Merphy Pongo, les députés Minaku et Sakata ont, dans l’élaboration de leurs propositions de lois, oublié que la Constitution est un miroir dans lequel toute proposition de loi doit se mirer pour se conformer (Théorie de l’écran constitutionnel).

« Je comprends qu’aucun d’eux n’est constitutionnaliste« , tempère Me Merphy Pongo.

 » En donnant le pouvoir de nomination des magistrats au ministre de la Justice , Minaku et Sakata ont dépouillé le président de la République de ses prérogatives constitutionnelles reconnues à l’article 82 de la Constitution« , dénonce Me Merphy Pongo.

 » En reconnaissant, au ministre de la Justice, le pouvoir de donner injonctions aux procureurs et de les sanctionner au cas où ces procureurs n’ont pas respecté les injonctions telles que données, Minaku et Sakata ont dépouillé le Conseil supérieur de la magistrature sa prérogative constitutionnelle de pouvoir disciplinaire sur les magistrats, reconnue par l’article 152 de la Constitution« , déplore-t-il.

Pour Me Merphy Pongo, ces propositions de lois mettent en danger la République.

 » En pleine crise économique et sanitaire, ces députés veulent y ajouter une crise sociale et créer les tensions dans les milieux judiciaires, ce qui n’est pas bon pour la République. Il n’y a ni opportunité ni urgence de proposer, avec précipitation, ces propositions de lois » alerte Me Merphy Pongo.

Par GK