Nord-Kivu : six mois après leur reddition, des ex-rebelles disent être abandonnés à leur triste sort à Mubambiro

Nord-Kivu : six mois après leur reddition, des ex-rebelles disent être abandonnés à leur triste sort à Mubambiro

7 juillet 2020 0 Par Rédaction

Six mois après leur reddition aux autorités congolaises, des anciens rebelles, ceux essentiellement cantonnés dans le site de Mubambiro près Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, se plaignent de conditions pénibles qu’ils connaissent.

Dans une déclaration qu’ils viennent de rendre publique, ces ex-combattants dénoncent « la méfiance du gouvernement » à leur égard alors que des promesses allant dans un sens comme dans un autre, garantissaient une prise en charge ainsi qu’un suivi adéquats qui devraient aboutir à la démobilisation et/ou à la réinsertion sociale.

Il s’agit principalement de 2 anciens chefs rebelles qui haussent le ton.

Messieurs Kakule Jeteme du groupe armé AFRC et Bolikoliko Mingeya Gassero de l’UPDC, réaffirment leur détermination à participer au rétablissement de l’autorité de l’État en République démocratique du Congo mais, critiquent ouvertement l’attitude affichée par Kinshasa, qui n’est pas de nature à favoriser l’éclosion de la vraie pacification de l’Est.

Considérant le sort qu’il leur a jusque-là été réservé, ces derniers remettent en cause la volonté et la détermination de Félix Tshisekedi à donner la paix aux Congolais de l’Est.

Ils n’excluent pas leur intention de regagner la brousse pour relancer leurs activités guerrières si le gouvernement congolais ne s’occupe pas d’eux.

« Ça fait pratiquement 6 mois que nous avons répondu à l’appel du président de la République de déposer les armes et nous rendre aux FARDC. Monsieur le président, à plusieurs reprises dans vos discours vous répétez toujours le message selon lequel vous vous êtes engagés dans la pacification de la RDC. Mais, navrés, il n’y a aucun signe qui prouve réellement à ce dévouement. Nous craignons que l’histoire se répète. Dans notre site de transit de Mubambiri, il y a une sorte de méfiance observée chez les autorités. Il s’avère que tout ceci est planifié pour nous amener à retourner dans nos milieux respectifs afin de renouer nos anciennes activités« , écrivent-ils dans leur document.

Depuis le lancement des opérations de traque des groupes rebelles à l’Est du pays, le 30 octobre 2019, des milliers de combattants ont volontairement renoncer à leurs activités en se rendant aux autorités militaires.

Cependant, à la suite de leurs conditions de cantonnement, certains se sont de nouveau retranchés pour rejoindre le maquis, rendant ainsi difficile le processus de restauration de l’autorité de l’État au Nord-Kivu.

Par Charles Mapinduzi Bin Kisatiro