RDC : le remaniement du  gouvernement « éléphantesque » de Sylvestre Ilunga  s’impose

RDC : le remaniement du gouvernement « éléphantesque » de Sylvestre Ilunga s’impose

7 juillet 2020 0 Par Rédaction

Le gouvernement « éléphantesque » du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba est-il en train de vivre ses derniers jours ?

Les observateurs avertis répondront par l’affirmative au vu de dernières secousses qu’il a subies : la crise de la COVID-19, les tensions dans la coalition FCC-Cash, la contrainte de démission du ministre de la Justice, Célestin Tunda ya Kasende, l’interpellation par la Justice du ministre UNC John Ntumba, la nécessité de la révision de la coalition CACH après la condamnation de Vital Kamerhe à 20 ABS de travaux forcés.

Ce sont là les quelques faits qui plaident pour la priorisation du remaniement.

« Ça se dessine : Matata Ponyo pressenti +Informateur+. Le départ de Ilunkamba n’est qu’une question des jours », s’est réjoui, lundi 7 juillet, Zacharie Bababaswe sur son compte twitter. Ce leader d’opinion, très introduit dans la coalition au pouvoir, a ainsi donné une prime aux rumeurs qui circulent sur la déchéance du gouvernement Ilunga.

Et quand il parle de l’informateur, les analyses voient une stratégie de la redéfinition de la Majorité au pouvoir. La coalition FCC-CACH tombera-t-elle au bénéfice du président Tshisekedi, à la quête de la totalité du contrôle du pays ?

Si elle tombe, ce sera une sanction contre certains caciques du Front commun pour le Congo (FCC) qui, en bombant le torse pour leur majorité parlementaire au lendemain des manifestations contre le projet des propositions de lois Minaku-Sakata, ont suggéré une cohabitation. L’intention étant celle de nuire à leurs alliés du Cap pour le changement (CACH) qui ont gagné une présidence minoritaire.

Vers une « dissolution bipolaire »

Si l’on en croit aux différentes tractations politiques auxquelles le peuple congolais assiste depuis l’avènement de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême en janvier 2019, tout présage à une sorte de « dissolution bipolaire ». C’est-à-dire, d’un côté, la tendance pourrait être inversée par une politique savamment jouée pour la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République. De l’autre, un remaniement ministériel serait déclenché par la manœuvre d’un informateur et qui pourrait, dans une certaine mesure, déboucher à ce que plusieurs Congolais ont souhaité : la dissolution de la coalition FCC-CASH.

Mais, ce remaniement devrait d’abord répondre aux exigences de la gestion de l’après COVID-19. Les présidents des États, très préventifs, l’ont déjà fait. La France est un exemple avec la nomination, lundi 6 juillet 2020, du gouvernement Castex (25 membres).

La conjoncture socioéconomique, très influencée négativement par la COVID-19, plaide pour la réduction de la taille du gouvernement. Ce qui va contribuer à la réduction du train de vie des institutions. D’où, la nécessité de réorganiser l’exécutif congolais.

L’éléphantesque gouvernement « budgétivore » Ilunga (66 membres) peut ainsi dire ses adieux au profit d’une équipe très réduite avec l’obligation des résultats.

Le remue-ménage pourrait également sanctionner les ministres qui n’ont cessé de déclarer leur loyauté à leurs regroupements politiques au grand dam des intérêts du peuple. Il est plus que temps de mettre fin à la mise en avant des intérêts des partis politiques alors que le peuple attend que ses demandes soient satisfaites.

La RDC a plus que besoin d’un gouvernement actif dont les membres sont disciplinés et ayant le bon sens tourné vers l’intérêt général plutôt que partisan. La nouvelle équipe sera ainsi bâtie de sorte à laver cette institution de l’odeur des calculs politiciens, des détournements des deniers publics et du non-respect des secrets institutionnels.

Ce sera l’occasion de délivrer le pays de plus en plus otage d’une coalition naturellement bien disposée à satisfaire les calculs particuliers du repositionnement politique après 2023.

Plusieurs observateurs appellent le Président de la République à tenir ses promesses électorales, entre autres, celle du « peuple d’abord », qui est d’ailleurs sa vision politique.

Médi@plus