Lamuka-UDPS-AFDC : un télé-rapprochement contre le FCC en RDC

Lamuka-UDPS-AFDC : un télé-rapprochement contre le FCC en RDC

8 juillet 2020 0 Par Rédaction

L’opinion assiste-t-elle à la renaissance des amours consacrée par l’accord de Genève ? Si hier, les leaders politiques, ayant signé l’accord de Genève, se sont séparés pour des intérêts personnels, aujourd’hui, l’idéal et le sens de leur accord semblent les contraindre à la réunification. Et personne n’en peut rien. Même le plus résistant Martin Fayulu a dû lâcher prise en renonçant à son combat de vérité des urnes.

« J’ai pardonné, maintenant je ne veux pas rester dans le passé, je suis dans l’avenir », a déclaré, samedi 4 juillet, à Washington, devant la presse, le président de l’Ecidé. Une déclaration teintée d’une volonté de tourner la page de la revendication de sa victoire à la présidentielle de 2018. Et l’avenir auquel il fait allusion, c’est celui des élections de 2023. Pour ce, il faut préparer la victoire en s’attaquant à tout ce qui ressemble à une « fraude planifiée».

La cible de cette nouvelle attaque ce n’est pas son ami d’hier, Félix Antoine Tshisekedi, à qui il vient de pardonner « le vol » de sa victoire. Mais plutôt, Joseph Kabila, autorité morale du FCC qui, selon lui, « est le véritable chef ayant tronqué le résultat électoral et s’est entendu avec M. Tshisekedi pour préserver son pouvoir à travers lui ».

Mea culpa de Fayulu à Fatshi

Le pardon de Fayulu à Tshisekedi serait-il un appel du pied pour un front commun contre le vrai danger : Joseph Kabila? C’est le cas de le dire vu que Tshisekedi lui-même s’était déjà engagé à « déboulonner » l’ancien régime et ses vices. Dans cette logique, son ancien ami peut lui être d’un apport considérable car l’union fait la force.

La démarche de Fayulu rejoint celle des autres leaders de Lamuka – Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi…- qui avaient déjà abandonné depuis le combat de la vérité des urnes. Aujourd’hui, tous les « lamukistes » sont unis pour faire échec à la « fraude électorale » planifiée avec l’entérinement de Ronsard Malonda à la tête de la Centrale électorale. C’est ainsi qu’ils ont appelé à une marche le lundi 13 juillet.

En plus de l’affaire Malonda, Lamuka dénonce le projet de loi Minaku et Sakata. Cette marche et ses revendications rejoignent la démarche de l’UDPS, parti au pouvoir. Ce qui présage une union, peut-être pas physique, mais d’esprit pour une cause, la bonne d’ailleurs pour les parties, qui réunit les volontés des uns et des autres.

Quand la maison brûle, les conjoints en conflit taisent leurs différends afin de sauver les meubles. C’est ce qui est en train de se passer en RDC ? En effet, à l’opposé des motivations et visées du FCC, il se dégage un front commun, se reposant sur la force populaire, regroupant les amis devenus ennemis. Ce front commun n’est pas certes formalisé mais, il serait en train de se former tacitement. Le temps de redéfinir la majorité parlementaire.

Union sacrée parlementaire contre un allié gênant

Le rapprochement à distance entre Lamuka et l’UDPS peut-il conduire à la redéfinition d’une majorité parlementaire ? Certains fins limiers voient dans la visite privée de Félix Tshisekedi, en Belgique, la recherche, auprès des puissances occidentales, de soutien pour bien orienter la politique de deux dernières années qui lui restent de son mandat. Ce soutien occidental pourrait l’aider à se débarrasser de l’allié encombrant et gênant : le FCC.

Dans cette optique, une majorité parlementaire, composée des élus Cach et Lamuka, semble possible. A eux, il faut ajouter ceux de l’AFDC-A de Bahati Lukwebo qui a aussi lancé, à ses militants, l’appel à descendre dans la rue contre les projets dénoncés du FCC. Si le nombre de ces députés n’atteint pas la majorité absolue (251 députés), le débauchage de quelques élus FCC peut être envisagé. Tshisekedi répondrait ainsi au FCC par les méthodes qu’il aime bien.

A l’heure actuelle, les corrélations politiques virtuelles dessinent un front commun populaire (vu le nombre des militants des plateformes Lamuka et Cash) en guerre contre le Front commun pour le Congo (FCC). Félix Tshisekedi peut-il s’appuyer sur le front populaire pour réussir son mandat? C’est le vœu de ceux qui sont fatigués de ce qu’ils considèrent comme la fourberie et la malice du FCC.

Médi@plus