CACH-FCC : « Tom et Jerry » à la congolaise

CACH-FCC : « Tom et Jerry » à la congolaise

10 juillet 2020 0 Par Rédaction

Vous connaissez le célèbre dessin animé « Tom et Jerry ». Très aimé par les enfants pour ses épisodes décrivant les hostilités entre la souris et le chat, appelés à cohabiter, « Tom et Jerry » trouve son reflet parfait dans la scène politique congolaise : la coalition FCC-CACH au pouvoir.

Entre les deux, « il y a coalition mais il n’y a pas coalition ». C’est seulement Jean-Marc Kabund, président intérimaire de l’UDPS et auteur de la théorie « de deux bonbons », la risée des internautes congolais, qui pourra bien expliquer cette dichotomie de l’existence et l’inexistence simultanée d’une chose.

Les derniers événements politiques, plongés dans une mêlée verbale entre les alliés au pouvoir, ont démontré et démontrent encore que FCC et Cach sont dans une alliance des dupes. Ils parlent de la coalition mais c’est la cohabitation qu’ils vivent. Comme un Tom et Jerry, contraints à habiter dans une même pièce en dépit de leurs intentions divergentes ; FCC et Cach vivent ensemble de corps mais pas d’esprit. C’est comme des conjoints égoïstes dans la journée mais contraints à dormir sur un même lit.

Leur proximité semble avoir le seul but de bien se trahir, chacun voulant sauvegarder ses intérêts. Leur guerre se déroule comme celle d’une rivière, aux eaux grondantes qui engloutissent tous les efforts visant à y jeter un pont. Ils se piétinent, se donnent les coups dans le dos ; s’entredéchirent tantôt ouvertement, tantôt secrètement. Preuve : le cas Tunda ya Kasende enseigne plus. Ce ministre FCC a saisi l’Assemblée nationale, dont la majorité est FCC, pour des propositions de loi qui n’ont jamais été débattues au Conseil des ministres.

Là, il a servi sa famille politique au détriment de la coalition. Et quand il a fini son audition à la Cour de cassation, où il a été interpellé pour ce, il déclare aisément que « son chef lui avait dit de ne pas avoir peur ». Il y a là un coup de marteau sur Cach. Et des faits pareils sont multiples depuis le début de la fameuse coalition. Lois Minaku-Sakata ; fourberie dans la désignation du futur président de la CENI ; les dénonciations de « la République des juges » ; les accusations des ministres et leurs adjoints car des partis politiques différents (ministre de la Santé Cach et son vice FCC)…ne sont qu’un échantillon.

La coalition (s’il y en a une) au pouvoir réunit des acteurs ennemis qui se connaissent bien. Entre eux, c’est le « je veux te bouffer » et «  tu ne me connais pas bien ». L’obsession de la reconquête de « sa présidence de la République », lui piquée par des pressions internes et externes en 2018, pousse le FCC à mettre les bâtons dans les roues de la machine Cach. Ce, dans l’intention de revenir à la commande au terme des échéances électorales de 2023.

L’affrontement se passe entre la prudence, souplesse du côté du Cach et les longues dents du FCC qui ont fini par lui coller l’image d’un vampire dans l’imaginaire public. Les déclarations d’Emmanuel Ramazani Shadary du genre « on va paralyser le pays » n’ont fait que donner matières à interprétation sur la sémantique de la coalition.

Il y a donc guerre entre « béton » (Tshisekedi) et « burin » (Kabila). Ces sobriquets, que les militants de deux plateformes ont collés à leurs autorités, sont autant des pamphlets qui donnent la couleur et l’état d’esprit de la fameuse coalition. S’il y a un béton, érigé pour une quelconque utilité, le burin ne vient que pour détruire et priver ainsi les usagers de leur jouissance.

Un observateur chrétien évoque le passage biblique de Jean 10 :10 pour appréhender le sens de la démarche de l’inimitié silencieuse et dangereuse des alliés au pouvoir. D’un côté, il y a les verbes voler, égorger, détruire ; et de l’autre côté, il y a conjugaison de donner la vie. Deux visions diamétralement opposées mais forcées à être ensemble. La réalité est telle que le FCC et Cach sont des conjoints incompatibles qui se sont passé des prémisses faussées pour s’unir. Les conséquences sont désastreuses pour l’avenir de toute une nation.

Médi@plus