UDPS : un serpent à double tête

UDPS : un serpent à double tête

10 juillet 2020 0 Par Rédaction

La manifestation anti-Malonda qu’a organisée, jeudi 9 juillet, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a démontré le vrai visage du parti présidentiel. Quand la « base » n’est pas satisfaite, elle a ses méthodes pour s’exprimer. L’une d’elles est la manifestation. De la mobilisation au ton de la marche, les combattants ont démontré qu’il existe une seule UDPS mais à double tranchant, tel un serpent à double tête.

Le bilan de cette marche se résume, d’une part, en une forte mobilisation insinuant la force populaire, et d’autre part par les pertes en vies humaines et des dégâts importants. La faute est, dans la logique des manifestants, aux autorités qui ont envoyé les policiers disperser la marche, parce qu’interdite. Au nombre de ces autorités, Gilbert Kankonde, Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, à qui l’UDPS exige déjà la démission pour « avoir trahi ».

Sans beaucoup de gymnastique, il y a lieu de voir qu’il y a d’un côté, l’UDPS institutionnelle, qui semble oublier « le Progrès social », et de l’autre, l’UDPS populaire – « la base » – qui ne peut se reconnaître au pouvoir que par l’accomplissement de l’idéal du « peuple d’abord ». C’est cet idéal qui a poussé plusieurs milliers des combattants à descendre dans la rue pour dénoncer la supercherie dans la désignation du prochain président de la CENI.

Le parti de Tshisekedi est au pouvoir mais n’a pas perdu son ADN : l’opposition. L’âme, l’esprit et le corps du parti du Sphinx de Limeté, d’heureuse mémoire, crient encore et toujours opposition. Ça ! c’est dans le sang. Aujourd’hui, si le radicalisme udpsien se fait encore entendre, c’est grâce à certains ténors qui se qualifient d’héritiers du Lider Maximo, comme Jean-Marc Kabund (JMK) qui n’a pas encore fini de ruminer sa déchéance au poste du premier vice-président de l’Assemblée nationale.

UDPS, même au pouvoir, fera toujours l’opposition. C’est ça son ADN informatable. Il est difficile de le changer. Chez elle, c’est le peuple rien que le peuple. Or le pouvoir a ses réalités, que l’opposition ignore. C’est ce qui rend la tâche difficile aux ministres UDSP, appelés à prendre des mesures contraignantes et coercitives contre les militants de leur parti, en furie. Gilbert Kankonde, Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur en fait les frais.

La démonstration populaire de jeudi 9 juillet révèle la capacité venimeuse d’un serpent dont la queue a été piétinée. La rage d’un tel serpent lui fait sortir deux têtes. La première s’occupe de ses propres enfants qui ne rentrent pas dans la logique. L’occasion est donnée aux « combattants », qui se disent abandonnés à leur triste sort par le parti alors qu’ils ont tout donné pour que l’UDPS arrive au pouvoir, de s’exprimer.

La deuxième s’occupe de l’ennemi externe : « un groupe de gens qui ont pris tout un pays en otage », a expliqué Jean-Marc Kabund. Cette deuxième tête est une force sur et avec laquelle Félix Tshisekedi peut compter dans le renversement de la situation de cet emprisonnement d’alliance avec le FCC. « La voix du peuple, c’est la voix de Dieu », dit-on. Exploiter la piste populaire, c’est préparer sa victoire dans la mesure où le peuple gagne toujours.

Rif KAL