RDC : une justice borgne pose problème

RDC : une justice borgne pose problème

11 juillet 2020 0 Par Rédaction

Depuis l’investiture de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la magistrature suprême de la République démocratique du Congo, le 24 janvier 2019, les promesses de campagne électorale en matière de justice « juste » tardent à se concrétiser.

À la place, c’est à une justice « borgne », qui ne voit que d’un oeil, fixé ostensiblement sur une « cible » d’un  » camp politique  » spécifiquement désigné, à laquelle les Congolais assistent.

Pour être on ne peut plus clair, le Chef de l’État a déjà fait savoir qu’au volant du véhicule « RDC », son regard ne peut se poser sur le rétroviseur. Et afin de ne pas y jeter, malencontreusement un regard furtif, les deux rétroviseurs extérieurs et celui de l’intérieur ont été retirés.

En se fondant sur le précepte biblique selon lequel  » les pêcheurs vont s’amender », les « présumés » detourneurs des deniers publics du « temps passé » sont confirmés ou nommés dans les filons de l’État. Faisant fi d’un autre principe universel selon lequel « qui a bu boira ».

Ainsi va la justice made in FATSHI. Au-delà, elle fait mieux. Pour avoir la certitude de ne.voir que d’un oeil valide, elle a placé un bandeau noir sur l’autre. Dans le genre  » pirate des Caraïbes ».

Ne sont vus du « borgne » que les criminels du CACH

Les membres des partis politiques qui composent le Cap pour le changement (CACH) se plaignent d’être les « plus visés » par la Justice congolaise.

« Vital Kamerhe, Pascal Mukuna ainsi que d’autres personnalités du gouvernement et du Parlement sont visés. Pourtant, les rapports d’enquêtes parlementaires et de la Cour des comptes citent nommément tous ceux qui dévalisent les caisses de l’État« , entend-on se plaindre dans leurs rangs.

Devant toutes ces jérémiades, FATSHI  » Béton  » reste de marbre, répétant à satiété que « la justice est indépendante ».

Et alors que des doigts accusateurs étaient pointés vers Kingakati, centre et fief du Front commun pour le Congo (FCC) et de son Autorité morale, ce sont, curieusement, les militants du parti présidentiel (UDPS) qui réclamaient à tue-tête dans les rues de Kinshasa, jeudi 09 juillet 2020, la tête du ministre de l’intérieur (UDPS, sous la vigoureuse conduite de Augustin Kabuya, Secrétaire général du parti.

Les magistrats placés sous la juridiction du ministre de la Justice

En fait, si la Constitution du 18 février 2006 dispose que le Pouvoir judiciaire est indépendant du Pouvoir législatif et du Pouvoir exécutif, sa révision en janvier 2011 fait que l’article 149 donne autorité de la Justice en plaçant les magistrats du Parquet sous l’autorité du gouvernement.

Cet état des choses fait que, jusqu’à ce jour, les magistrats sont accusés d’être manipulés par les hommes politiques.

Or, les membres du Pouvoir judiciaire sont gérés par le Conseil supérieur de la magistrature désormais composé des seuls magistrats.

Pour plus d’efficacité, de spécialité et de célérité dans le traitement des dossiers, les Cours et Tribunaux ont été éclatés en trois ordres juridictionnels :

Les juridictions de l’ordre judiciaire placées sous le contrôle de la Cour de cassation ;
celles de l’ordre administratif coiffées par le Conseil d’État et la Cour constitutionnelle.

Des dispositions pertinentes de la Constitution déterminent la sphère d’action exclusive du Pouvoir central et des provinces ainsi que la zone concurrente entre les deux échelons du pouvoir d’État.

Aux Pays-Bas la Justice est borgne

Une étude du journaliste togolais, Love Joyce Amavi démontre, citant la Cour pénale internationale (CPI), qu' »aux Pays-Bas, la Justice est borgne « .

« La justice humaine ne peut être impartiale, les hommes ont du mal à l’être, l’intérêt, la cupidité, la subjectivité des opinions, la loi du plus fort, ne peuvent en aucun cas permettre l’émergence de la vérité vraie, ni autoriser que certains, qui disposent de la force et du pouvoir de leur côté, soient inquiétés pour leurs actes. Preuve en est que le Statut de Rome portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI) n’a, comme par hasard, pas été ratifié par les États-Unis et la Russie et que la Chine, d’ailleurs, n’a pas daigné signer« , a-t-il fait remarquer.

« Qui veut commettre des crimes plus loin, ménage sa signature » Proverbe.

La CPI, qui compte 34 États Africains membres, pourra condamner autant d’Africains qu’elle voudra, sept États sont déjà concernés. Parce que l’Afrique aura du mal à définir une action commune contre ce que nous ne pourrons pas appeler injustice, mais tout simplement une justice de quelques uns.

Quant à l’Afrique, Elle a assez de mal déjà à s’accorder toute seule sur l’impérieuse nécessité de sortir le continent d’une sphère de pauvreté qui n’a que trop duré.

Bref, la CPI aura matière à fonctionner que pour des Africains, parce que, contrairement aux Africains, les autres dirigeants impérialistes et autoritaires savent nommer leurs excès de doux mots imbus de nobles sentiments.

Par Médi@plus