Tshikapa: un pasteur d’une église de réveil détenu par l’ANR

Tshikapa: un pasteur d’une église de réveil détenu par l’ANR

12 juillet 2020 0 Par Rédaction

Le pasteur David Mutombo, responsable de l’église « Jésus revient » basé à Tshikapa (Kasaï), a été interpellé le samedi 11 juillet 2020 par les agents de l’Agence nationale des renseignements (ANR) de la commune de Dibumba2 où il était détenu jusque ce dimanche, au cachot de ce service des renseignements.

« Le pasteur Mutombo a été trouvé à la montagne des prières avec 8 de ses fidèles. Les gens de l’ANR les ont tous arrêtés officiellement, pour avoir organisé un culte en violation de l’Ordonnance du chef de l’État, instituant l’état d’urgence sanitaire au pays pour combattre la covid19« , explique un activiste des droits de l’homme qui dit suivre de près le dossier.

Mais selon un journaliste basé à Tshikapa, l’ANR aurait changé le motif de l’interpellation du pasteur Mutombo et l’accuse désormais d’avoir organisé un foyer initiatique, le fameux « Tshiota », de la milice Kamuina Nsapu.

Contacté, le gouverneur du Kasaï, Me Dieudonné Pieme reconnaît l’interpellation du pasteur Mutombo et dit avoir ordonné sa relaxation depuis ce dimanche matin, sans préciser si le pasteur a été effectivement libéré.

Dans leur camp, les activistes des droits de l’homme à Tshikapa sont très remontés contre l’ANR et projettent des actions de rue en début de semaine:

« Depuis l’arrivée au pouvoir du président Tshisekedi, l’ordre a été donné à l’ANR de fermer tous ses cachots. Comment un poste communal de l’ANR peut disposer d’un cachot contre l’ordre du chef de l’État ? Il y a un sérieux problème. En plus, l’Ordonnance du chef de l’État instituant l’État d’urgence sanitaire interdit tout regroupement de plus de 20 personnes, comment expliquer cet excès de zèle des agents à tracasser un pasteur qui s’est réuni avec moins de dix personnes ? « , s’interroge un autre activiste des droits de l’homme qui indique même que des responsables de la Police à l’échelon provincial à Tshikapa font fonctionner des débits de boisson où plus de 100 personnes fréquentent quotidiennement au vu et au su de toutes les autorités de la province, sans qu’il leur soit rappelé l’État d’urgence sanitaire.

Par José Kabamba