Désignation de Malonda à la CENI: A quoi joue l’église ?

Désignation de Malonda à la CENI: A quoi joue l’église ?

14 juillet 2020 0 Par Rédaction

Les marches anti-Ronsard Malonda ! Encore elles et toujours elles dans l’actualité politique de la République démocratique du Congo (RDC).

Après l’UDPS, Lamuka a fait sa démonstration de popularité, sans morts d’homme, ni casses, contrairement à la marche de l’UDPS au bilan controversé de 6 morts (selon l’UDPS), plusieurs blessés et arrestations.

Pourquoi des morts ? A qui la faute ? L’église serait-elle à la base de cette confusion ? Ces questions taraudent l’esprit. Encore des morts, comme si ceux dus à la Covid-19, aux tueries dans l’Est de la RDC, aux récentes catastrophes naturelles dans certaines provinces, à la misère quotidienne ne suffisent pas.

Des morts inutiles

Les familles congolaises ont été une fois de plus endeuillées. Le pays a perdu encore quelques-uns de ses fils, bourrés des talents. « Ce sont des morts inutiles qu’on pouvait éviter » ; s’accordent plusieurs observateurs.
Mais à l’origine de ces marches, l’Eglise a une grande responsabilité. C’est elle qui est l’auteur de la confusion ayant révolté l’opinion publique.

Les chefs religieux, membres de la composante « Cinfessions religieuses » devant désigner le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) se sont divisés, trahissant les attentes du peuple, à qui ils prêchent l’unité et l’entente. Ils s’entraccusent, tantôt d’être corrompus, et tantôt d’avoir menti. En tout, c’est le « corps du Christ » qui est une fois de plus flagellé pour des raisons politiques.

En clair, l’Eglise catholique et l’Eglise du Christ au Congo (ECC) se sont opposé au choix de Ronsard Malonda par les autres organisations religieuses de cette composante. Ce qui est curieux est que, parmi les églises qui ont choisi Ronsard Malonda, l’Eglise Kimbanguiste et la Communauté Islamique sont allées jusqu’à révoquer leurs délégués au sein de cette composante ecclésiastique, insinuant qu’ils ont agi sans leur aval.

Controverse

Cependant, la question se pose. Comment comprendre cette controverse, alors que toutes ces églises ont suivi à la loupe toute la procédure de désignation de leur candidat 

En effet, du mardi 2 juin au lundi 8 juin, les églises, sous la présidence de l’Eglise catholique, grande contestataire, se sont réunies plusieurs fois pour désigner ce candidat recherché.

La procédure est allée par étapes : réception des 24 candidatures ; l’élimination et la sélection des 6 dossiers jugés convenables, dont celui de Ronsard Malonda ; l’élimination, sur proposition du Cardinal Ambongo, des 3 de ces 6 candidatures au motif que celles-là étaient du même espace sociologique que de l’actuel président de la République. La composante religieuse s’est retrouvée donc avec 3 candidatures, Ronsard Malonda y compris.

Le vote est arrivé, faute du consensus dégagé. Le candidat Malonda a reçu les voix des organisations religieuses, exceptées l’Eglise catholique et l’ECC qui justifient juste après le rejet de ce vote par le fait que Ronsard Malonda, étant proche du Front commun pour le Congo (FCC), a largement contribué à la tricherie déplorée par le passé à la Ceni.

Vivement les réformes

L’Eglise catholique et l’ECC se sont-elles rendues compte tardivement du piège caché dans la sélection des candidats ? Pourquoi n’ont-elles pas, au départ, rejeté la candidature de Malonda à l’instar de celles jugées proches du pouvoir en place ? Les autres organisations religieuses ont-elles conscience tranquille en ayant voté Malonda, proche du FCC et l’un des acteurs du tripatouillage déploré en 2018, et écarté d’autres candidats, jugés proches du pouvoir en place ?

Des questions qui indiquent que l’Eglise a plongé toute une Nation dans la confusion, alors que Dieu lui-même a promis de ne pas laisser son peuple dans la confusion.

La RDC s’attend-elle à un chaos planifié en 2023 à cause de l’Eglise ? Ça craint et les avertis plaident pour plusieurs réformes.

Médi@Plus