Kongo Central : JED dénonce l’interpellation de deux journalistes par l’ANR

Kongo Central : JED dénonce l’interpellation de deux journalistes par l’ANR

14 juillet 2020 0 Par Rédaction

Journaliste en danger (JED), une organisation de défense et de promotion de la liberté de la presse dénonce l’interpellation et la détention d’un journaliste dans les installations de l’Agence nationale des renseignements (ANR) à Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central .

Il s’agit de Patrick Palata, directeur de Tala tala TV, une chaîne privée émettant à Matadi, qui a passé la nuit dans les locaux de ce service des renseignements congolais.

Selon JED, le journaliste a été arrêté par des agents de l’ANR, le dimanche 12 juillet 2020, alors qu’il revenait d’un rendez-vous à la résidence du Maire de la ville.

Sans être informé du motif de son interpellation, Palata a été conduit au bureau local de l’ANR où il a été auditionné autour d’un reportage, non encore diffusé par son média, qu’il a réalisé la veille à Boko, une localité du territoire de Sekebanza, à 7 km de Matadi.

Dans cet enregistrement, le journaliste a recueilli une série de témoignages en rapport avec la mort d’une femme qui aurait été abattue à bout portant, le vendredi 10 juillet, par un membre de la garde rapprochée du Gouverneur de province, lors d’une manifestation populaire contre le réajustement en dollars des frais du péage au pont Maréchal.

Bien avant, Justin Okito, le cameraman qui avait accompagné Patrick Palata dans cette localité, a été appréhendé à son lieu de travail et conduit au bureau local de l’ANR où il a été longuement entendu sur procès-verbal toujours autour de ce reportage. La carte mémoire contenant toutes les interviews réalisées à Boko a été confisquée avant sa libération, signale JED.

Journaliste en danger exprime sa totale désapprobation contre la détention injustifiée du journaliste Palata dans les installations de l’ANR et exige sa libération immédiate, ainsi que la restitution du support d’enregistrement confisqué.

JED note avec appréhension que ce service sécurité tristement célèbre qui avait été, un temps, mis au pas par le nouveau pouvoir, est en train de refaire surface avec ses méthodes de répression et d’abus de pouvoir longtemps décriées.

Par GK