Kongo central : l’affaire « Maman Mimi » ne lâche pas Atou Matubuana

Kongo central : l’affaire « Maman Mimi » ne lâche pas Atou Matubuana

14 juillet 2020 0 Par Rédaction

Le dossier de la démission du gouverneur de la province du Kongo central Atou Matubuana était un clos. C’était sans compter avec la lecture minutieuse des textes par le Procureur général près la Cour constitutionnelle.

Le chef de l’exécutif provincial a reçu le courrier de la haute Cour, daté du lundi 13 juillet, dans lequel il lui est demandé « de déposer sa démission au Président de la République et de cesser ainsi d’exercer les fonctions de Gouverneur de province ».

C’est un rebondissement. Le Procureur Jean-Paul Mukolo Nkolesha évoque l’arrêt de la Cour, rendu le 29 mai, ayant statué que « l’adoption d’une motion de défiance contre un membre du Gouvernement provincial oblige ce dernier à démissionner » et la lettre du Président de l’Assemblée provinciale du Kongo central lui adressée le 10 juin et sollicitant l’exécution de l’arrêt de la Cour (du 29 mai), comme soubassement de son injonction au Gouverneur.

En plus, le Procureur constate que l’examen de différentes pièces versées au dossier n’a relevé aucun recours enregistré au greffe de la Cour constitutionnelle en vue d’attaquer l’acte de l’Assemblée ayant donné lieu à la destitution du Gouverneur. Par cette lettre, Atou Matubuana est sommé de démissionner. « Le refus de vous y soumettre vous exposera à la rigueur de la loi », lui a prévenu le Procureur.

Cette démission requise est la conséquence du poids de l’affaire « Maman Mini », du nom de Mimi Muyita, l’assistante du gouverneur Atou Matubuana, à l’origine d’une sextape (août 2019) avec le vice-gouverneur Justin Luemba. L’affaire avait conduit à une crise institutionnelle. Le gouverneur et son adjoint ont été suspendus puis réhabilités, en novembre 2019, par le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières.

Ce qui n’avait pas plu aux élus provinciaux qui ont décidé d’examiner la motion de défiance du député Masumu. Le déroulement de la plénière a été perturbé. Un groupe de 24 députés avait voté, à l’insu des 17 autres, la déchéance du gouverneur en dehors du siège de l’Assemblée.

L’affaire « Maman Mini » avait, tristement, rendu cette dame célèbre surtout dans les réseaux sociaux. Le Gouverneur Atou Matubuana était pointé du doigt d’être de mèche avec son assistante pour jouer un sale coup à son adjoint. Aujourd’hui, l’affaire est déjà oubliée mais ses conséquences pèsent encore sur le gouverneur, comme pour dire, l’ombre de « Maman Mimi » plane encore sur le Kongo central.

Par Rif KAL