FCC-CACH : d’une guerre froide à l’explosion

FCC-CACH : d’une guerre froide à l’explosion

15 juillet 2020 0 Par Rédaction

Le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (CACH) mènent une guerre froide qui tend vers l’explosion aux conséquences imprévisibles sur l’existence de la République démocratique du Congo.

L’expression guerre froide a d’abord un sens politique : elle désigne un contexte de discordance et d’hostilité entre deux camps. L’adjectif froid renvoie à l’idée que le conflit n’est pas direct.

En effet, si la tension est forte entre les deux partenaires au pouvoir, le FCC et le CACH s’affrontent sans se déclarer officiellement la guerre. Tout se passe dans les coups bas et les empoignades verbales. Aucune partie n’ose faire une déclaration de guerre ouverte.

Pourtant, le feu couve sous le boisseau. Il suffit d’une goutte de kérosène pour que tout explose. Quand ? Là est la quadrature du cercle.

Deux familles politiques qui ne s’apprécient pas sont en guerre froide : elles ne peuvent pas être ouvertement en conflit, au risque d’en subir les conséquences. Cette guerre froide est la résultante d’un mariage contre-nature que certains ont qualifié « d’incestueux ».

La vision et le projet, que chacune des deux plateformes présente, sont diamétralement opposés. C’est le jour et la nuit. Ils sont en coalition mais ne parlent pas le même langage. Ils sont ensemble mais s’épient, se toisent, se lorgnent.

En témoignent, les grandes crises qui ont failli tout éclabousser. Le FCC et le CACH s’entredéchirent sur les plans politique et diplomatique.

Le FCC compte sur sa majorité parlementaire dans toutes les institutions, nationales et provinciales. Il a étendu ses tentacules et se bat pour maintenir son système de gouvernance de plus de 18 ans.

Le CACH, bien qu’emputé d’un pion très important mais contesté, se dit avoir des marges de manœuvres pour asphyxier ses alliés.

Mais, les casses qui peuvent en découler, seront au désavantage de la population, l’oubliée des gouvernants prompts à s’empiffrer, tels des vampires, des richesses du pays.

Entretemps, la crise s’enlise, le franc congolais s’effrite face au roi dollar, chutant de 920 à 2.000. La hausse des prix des denrées rend malades les Congolais déjà immobilisés par la COVID-19.

Y-aura-t-il un gagnant et un perdant dans cette guerre froide ? Quoi qu’on en dise, le peuple demeure l’éternel perdant, dans tous les cas de figure.

Rupture en vue

Pour l’heure, la guerre froide tend vers l’explosion, ayant atteint son paroxysme. Chaque camp a résolu de passer à la vitesse supérieure. Tous les coups deviennent autorisés. Pour des observateurs avertis, cette crise était bien visible, nonobstant l’hypocrisie qui a caractérisé le modus vivendi de la coalition.

Les deux autorités morales, FATSHI pour le CACH et Raïs côté FCC, se méfient mutuellement, de plus en plus.

Quand on exige désormais que toute potentielle rencontre se fasse en présence des délégués de l’Union africaine, la Monusco et de la Communauté internationale, la rupture semble proche. Mais, une rupture qui laissera des stigmates, alors que le pays n’en a pas besoin.

La cause principale

Certaines causes de ces crises à répétition sont lointaines. Mais, la principale est la détermination d’un camp à protéger ses électrons qui se sont construit des fortunes illicitement, d’une part, et la volonté d’un autre de déboulonner un système d’impunité et de corruption aiguë, d’autre part.

Comme c’est en politique africaine, la réussite d’un camp courrouce l’autre. Pas différent de la magie noire qui tourne en plein régime pour appauvrir et tuer.

Le FCC regrette la situation qui semble désormais se retourner contre lui. Les mécanismes semblent ne pas lui obéir encore.

Le cas des pressions exercées sur l’octogénaire Benoît Mwamba, président démissionnaire de la Cour constitutionnelle, en dit long.

Il regrette également son attitude à protéger les intouchables, parce que la tempête qui arrive risque d’emporter le berger, avec risque de disperser les brebis. La crise donne pourtant des béquilles aux réservistes de réclamer un dialogue national.

Des médias sont mis à contribution pour porter la voix. Mais, le problème avec le Congolais n’est pas de dialoguer, mais la non application des résolutions de toutes les assises nationales antérieures.

Conférence nationale souveraine, Sun City, OUA et Centre interdiocésain n’ont été que du gâchis.

En attendant la nouvelle majorité en perspective, la politique assombrit et hypothèque l’avenir de tout un peuple.

L’espoir des « faibles » d’aujourd’hui repose sur le principe universel selon lequel « le peuple gagne toujours« .

Par Médi@Plus