Lubumbashi : véritable duel entre les motocyclistes et la mairie, qui l’emportera ?

Lubumbashi : véritable duel entre les motocyclistes et la mairie, qui l’emportera ?

20 juillet 2020 0 Par Rédaction

C’est une une véritable démonstration de force de la part des motocyclistes de la ville de Lubumbashi face à la mairie. Malgré l’interdiction de l’Hôtel de Ville d’opérer au centre-ville, les usagers des taxi-motos ont travaillé ce lundi 20 juillet comme à l’accoutumée, foulant ainsi au pied l’arrêté du maire dont le moratoire est arrivé à terme.

Ils ont été présents à tous les arrêts habituels et circulé librement, mettant au défi l’autorité urbaine et ses services. Tofort, l’un des motocycles, rencontré par Médi@Plus, indique que le Maire de la ville n’a pas raison dans la mesure prise.

« Pourquoi prendre une décision qui ne va pas nous permettre de vivre ? Nous sommes des responsables avec des familles à nourrir, nous sommes en ordre de paiement des taxes de l’État. Nous interdir l’accès au centre-ville, c’est ignorer nos droits« , s’indigne-t-il.

Selon ce chauffeur de taxi-moto la raison de cette mesure est ailleurs. « L’autorité urbaine est un tribaliste de mauvaise foi, il n’aime pas le travail que nous rendons à la population. Nous n’allons pas obtempérer à cette décision injuste. », a-t-il tempéré.

Il demande au maire d’oublier qu’un jour les motocyclistes iront travailler hors du centre-ville.

Visiblement furieux et prêt à tout, Alain, l’autre chauffeur de taxi-moto est formel. « Si monsieur le Maire ne veut plus nous voir au centre-ville, qu’il rachète nos engins et nous octroie un autre emploi, qu’il interdise aussi l’importation des motos dans la ville de Lubumbashi. Le contraire serait nous laisser travailler tranquillement, si il ne veut pas avoir des problèmes avec nous« , a-t-il pesté.

À l’hôtel de Ville, le conseiller du maire chargé des questions politiques, qui a accepté de nous parler hors micro, reste formel quant à la mise en application de l’arrêté urbain portant interdiction aux motocyclistes d’accéder au centre-ville de Lubumbashi.

 » Cet arrêté sera bel et bien respecté. A partir de ce lundi 20 juillet, tout usager de taxi-moto au centre-ville le fait en illégalité. C’est au maire d’utiliser la force publique s’il le faut pour décourager ces motocyclistes têtus, selon qu’il va constater la non observance de la décision prise« , a t-il fait remarquer.

L’ arrêté ci-haut évoqué souffre d’application depuis sa signature il y a près d’un mois.
Le moratoire de deux semaines fixé par le Gouverneur de province, comme pour trouver un terrain d’entente entre les deux parties a expiré le lundi 20 juillet.

Le maire Ghislain Lubaba Buluma, qui avait promis d’ériger des barrières pour stopper cette pratique, s’est buté à une difficulté devant des motocyclistes qui ne l’entendent pas de cette oreille. Visiblement, les violons sont très loin de s’accorder entre la mairie de Lubumbashi et les conducteurs des taxis-motos du centre-ville. Les prochains jours s’annoncent pires qu’avant.

Par Léon Mbuyamba