FCC : un colosse aux pieds d’argile

FCC : un colosse aux pieds d’argile

23 juillet 2020 0 Par Rédaction

Le Front Commun pour le Congo (FCC) est une superstructure : géant, grand, pesant, lourd qui ne pouvait pas, jusqu’à ce jeudi 23 juillet 2020, pleurer publiquement pour ses douleurs. Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

Comme Babylone, la grande, le FCC semble aujourd’hui par terre, cherchant qui essuyer ses larmes. Les rues de Kinshasa ont entendu les cris de ses douleurs et de sa détresse : « nous marchons pour dénoncer la dictature qu’on est en train d’instaurer« .

Qui le dit? Emmanuel Razamazani, Secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), qui disait hier que, « Au Congo, il n’y a qu’un seul grand prêtre : Joseph Kabila« . Les choses sont-elles toujours les mêmes ? Non, car il est l’un de ceux qui denoncent la dictature.

Qui l’a instaurée donc? C’est clair que c’est Félix Tshisekedi qu’on taxe de dictateur. Cette accusation est révélatrice d’une vérité longtemps gardée dans le coeur du FCC : « le pouvoir a changé de camp« .

Jusqu’à ce jeudi, la famille politique de Joseph Kabila ne l’a toujours pas entendu de cette oreille. Mais en réalité et selon leurs cris d’aujourd’hui, il est de toute évidence que le « renard a bien ravi le fromage du Corbeau perché« .

Le FCC était haut, tel le corbeau perché. Mais Tshisekedi convoitait le fromage « pouvoir » qu’il avait. Il l’a eu et il y a renversement des rapports.

La détresse du FCC aujourd’hui donne une réponse brève à Ève Bazaïba qui, lors de la marche de Lamuka, le 13 juillet dernier, avait déclaré, à propos de l’UDPS que « si le parti au pouvoir marche pour dénoncer…, c’est que le pourvoir est ailleurs« .

Le PPRD et consorts qui constituent le « ailleurs » de Bazaïba, pleurnichent eux-aussi que le pouvoir a des dérives dictatoriales. Les prémisses indiquent là où le pouvoir se trouve. En tout, le FCC, ce géant, étale ses faiblesses au grand jour. Il n’est pas loin d’un colosse aux pieds d’argile.

Par Ric KAP