Dans les doux yeux séducteurs de Kabila

Dans les doux yeux séducteurs de Kabila

27 juillet 2020 0 Par Rédaction

Après la visite d’Olive Lembe à la famille Kamerhe, c’est le tour des cadres très importants du FCC et du pré-carré de Joseph Kabila de consoler, en prison, le directeur de cabinet du Président Félix Tshisekedi, condamné à vingt ans de prison. Les clairvoyants peuvent voir dans ces visites la fertilisation du terrain pour des alliances politiques préjudiciables à l’allié du FCC, jugé versatile dans le respect de la coalition au pouvoir.

« On ne jette pas les anciennes cacéroles », disent les sages. Les garder c’est prévenir un quelconque manque en cas du besoin. Et en politique où les intérêts priment que la morale, « les cacéroles » sont bien protégées.

Vital Kamerhe est lune de ces cacéroles de Joseph Kabila. La situation politique actuelle fait virer les choses vers le retour des anciennes amours. L’ombre du « Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila », ce titre provocateur de l’ouvrage de Vital Kamerhe, en 2006, plane encore et toujours sur leurs relations.

Alors qu’il est cloué en prison de Makala, sans l’aide de son allié de Naïrobi, qui semble l’avoir livré dans les mailles judiciaires, Kamerhe se voit réconforté par des anciens amis, devenus ennemis à cause de positionnement politique. Ce, en lieu et place d’un réconfort qui devait normalement venir du Président de la République, dont il est jusqu’aujourd’hui directeur de cabinet.

Néhémie Mwilanya, coordonnateur du FCC et Norbert Basengezi, ancien vice-président de la CENI (considéré comme le vrai patron de la centrale électorale) étaient à la tête de la délégation ayant rendu visite à Kamerhe.

Pour Basengezi, le souhait à Kamerhe est clair : « la grâce divine sur lui comme celle de Joseph en Egypte, Daniel à Babylone et Nelson Mandela ». Il y a le voeu d’une sortie glorieuse de cet emprisonnement qui semble, selon l’UNC, politique et politisé.

Si Mwilanya et Basengezi font une telle sortie, c’est qu’au-delà de leurs générosité et compassion, il y a quelque chose qui se trame. Ce sont des délégués de Joseph Kabila qui sont allés ce locataire de Makala. L’enjeu est-il de se rapprocher de tous les alliés et menaces de Félix Tshisekedi pour l’encercler et le faire échouer ?

Les indicateurs montrent que le FCC tient à tout prix à son retour aux commandes. Toutes les stratégies sont possibles pourvu que cela l’amène à destination. « Tout chemin mène à Rome », croit-il.

Dans tout ça, Kabila, le véritable héros de l’ombre, sait que s’il met la main sur Kamerhe, et s’attire les potentiels alliés de Tshisekedi dans Lamuka (Moïse Katumbi particulièrement), les choses seront difficiles pour l’autorité morale du CACH de jouer sa carte de la recomposition de la majorité parlementaire devant lui permettre de mettre fin à la coalition FCC-CACH qui semble lui causer plus de torts.

D’où la stratégie du charme et de séduction de Kabila. La cible : Kamerhe qui ne sentirait point Tshisekedi, et Katumbi qui a un nombre important des députés à l’Assemblée nationale. Mais dans ces yeux doux et séducteurs, il n’y a qu’intérêt qui prime, une fois, la cause réussie, le débarras est vite acté.

Par Ric KAP