Sud-Kivu: des manifestations à Bukavu contre le massacre de Kipupu

Sud-Kivu: des manifestations à Bukavu contre le massacre de Kipupu

31 juillet 2020 0 Par Rédaction

Quatre communautés dont les Babembe, Bafuliru, Bavira et les Banyidu étaient dans la rue de Bukavu ce vendredi 31 juillet pour dénoncer le massacre de Kipupu et réclamer l’implication du chef de l’État afin d’en finir avec l’insécurité grandissante dans cette partie du pays.

Kipupu, dans le territoire de Mwenga, est devenu célèbre pour cet odieux massacre survenu dans la nuit du 16 au 17 juillet, à Mwenga. Les rebelles de la milice Gumino sont pointés du doigt. Ils ont fait incursion tuant au passage plus de 200 personnes, selon la société civile. Parmi les victimes, un chef coutumier de la place.

Vêtus tous en uniforme noire et scandant des chansons, réclamant l’implication effective des autorités, les manifestants ont tenu à dénoncer la passivité de la Monusco. Ils ont arboré des calicots sur lesquels était inscrit : « kipupu, massacre de trop ».

« Nous dénonçons les massacres à répétition dans le Sud-Kivu (makobola, kasika, katogota etc.). Nous disons non à la conquête de notre terre, arrêtez de nous massacrer. Trop c’est trop. », ont clamé en choeur plusieurs manifestants.

Dans leur mémorandum qu’ils ont adressé au Président de la République, lu et déposé au gouvernorat de province, avec une copie à l’Assemblée provinciale, les manifestants brossent l’historique des conflits et de guerre depuis 1976, passant par 1996 avec la guerre dite de l’AFDL jusqu’à ces jours.

Ces communautés ont présenté une histoire émaillée de graves violations des droits humains dont les tueries, le viol, vol et pillage. À titre illustratif, ce mémo revient sur « les massacres de Malanda, Kipombo, Masango, Lemera, Mutarule, Makobola, Kakungwe, Kahungwe, Katogota, Lusenda, Kasika, où plusieurs femmes et enfants ont été enterrés vivants. »

Ce sont des crimes qui restent jusque-là impunis. Les leaders de ces communautés continuent à déplorer la cacophonie créée dans la communication du bilan définitif du massacre de Kipupu. Les sources locales font état de plus de 200 civils tués contrairement au gouvernement provincial qui, par le biais du ministre de l’Intérieur, parle de 15 personnes tuées et plus de 150 autres enlevées. « Pire minimisation qui accroît les larmes de population« , se sont alarmés les manifestants.

Par S. Bagalwa Asensio