RDC: l’ONU s’inquiète de l’escalade des violences intercommunautaires au Sud-Kivu

RDC: l’ONU s’inquiète de l’escalade des violences intercommunautaires au Sud-Kivu

10 août 2020 0 Par Rédaction

Dans un communiqué publié, lundi 10 août 2020 à Kinshasa, la Mission des Nations Unues pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) dit son inquiétude au sujet de la recrudescences des violences intercommunautaires dans les terroitoires de Fizi, Mwenga et Uvira, dans la province du Sud-Kivu (Est de la RDC).

Les violents affrontements entre groupes armés et les FARDC, ainsi que les attaques contre des civils dans la région des Hauts Plateaux du Sud Kivu, y compris contre des villages et camps de déplacés, ont fait au moins 128 morts entre février 2019 et juin 2020, dont 21 femmes et sept enfants, selon une note d’information publiée dernièrement par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH).

En outre, « 42 femmes et cinq enfants ont été violés, plus de 95 villages, des écoles et des centres de santé ont été incendiés et plus de 110 000 personnes déplacées par ces violences« , a rapporté le BCNUDH.

La région connait des cycles de violence intercommunautaire de longue date, liés à la transhumance et à l’accès à la terre. Un regain de violence a été noté depuis février 2019 avec la participation de groupes armés étrangers et le recours à des messages de haine propagés par des membres des différentes communautés vivant en RDC ou à l’étranger, à travers les discours publics, les médias et les réseaux sociaux.

« La violence… ni une option viable, ni une solution « 

Le cycle d’attaques et de représailles se poursuit. Au mois de juillet 2020, « au moins 32 autres civils ont été tués dans la zone, dont 15 dans une attaque contre Kipupu et quatre autres villages dans le territoire de Mwenga le 16 juillet« , tel que documenté par une mission effectuée sur place avec le soutien de la MONUSCO.

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et Cheffe de la MONUSCO, Leila Zerrougui, a souligné que « la violence n’est ni une option viable, ni encore moins une solution pour résoudre les griefs qui peuvent exister entre les communautés. Tous les habitants des Hauts Plateaux doivent s’engager résolument dans la recherche de solutions pacifiques durables qui profitent à toutes les communautés, dans le respect des droits de chacun ».

Madame Zerrougui condamne en outre les discours de haine et les appels à la violence lancés depuis la RDC comme depuis l’étranger, qui sont inacceptables et exposent leurs auteurs à des poursuites.

Respect du Droit international humanitaire

Avec l’appui de la MONUSCO, les forces de défense et de sécurité déployées dans la région ont multiplié les efforts pour neutraliser les groupes armés impliqués dans les attaques et assurer la protection des populations civiles, en particulier dans les sites de déplacés. Ces efforts doivent se poursuivre dans le strict respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

L’accès à l’assistance humanitaire a été perturbé par des attaques perpétrées contre les organisations humanitaires et les camps des déplacés. Ces graves violations du droit international humanitaire empêchent des milliers de personnes de recevoir une aide vitale alors qu’elles ne peuvent plus accéder à leurs champs et que leurs réserves alimentaires ont été pillées ou détruites.

Par ailleurs, la MONUSCO réitère sa détermination à travailler avec les FARDC pour la protection des civils et la sécurisation des zones affectées par la violence. La Mission continuera également de soutenir les initiatives de dialogue intercommunautaire engagées par les autorités nationales et nationales pour garantir la paix et la sécurité dans la province.

Par Stanislas Ntambwe