Selon une étude, les femmes et les filles sont les principales victimes des normes sociales au Sud-Kivu

Selon une étude, les femmes et les filles sont les principales victimes des normes sociales au Sud-Kivu

14 août 2020 0 Par Rédaction

C’est ce qui ressort des résultats d’une étude de l’impact de la Covid-19 sur les droits des femmes publié, jeudi 13 août 2020, par l’Ong Uwzo Africa Initiative, à Bukavu (Sud-Kivu).

L’Ong Uwezo Afrika Initiative vient de rendre public les résultats d’une étude menée, sous l’appui de la Coopération suisse, sur « L’impact de la Covid-19 sur les droits des femmes et l’équité du Genre« , dans les communautés de la ville de Bukavu, ainsi que du territoire de Kabare.

C’était au cours d’un atelier organisé à l’intention des plusieurs intervenants dans la protection des droits des femmes et les cadres de base, venus de Bukavu et de Kabare.

« Identifier, analyser et interpréter… »

Selon Douce Namwezi, Coordinatrice de Uwezo Afrika, l’objectif était d’identifier, analyser et d’interpréter les relations du genre ou les éléments du contexte impactant les droits des femmes et des filles dans les ménages et communautés pendant la crise humanitaire, associée à celle de la pandémie à Covid-19, dans les deux entités voisines de la province du Sud-Kivu.

Cette étude a également permis d’évaluer le niveau de connaissance de la pandémie et ses modes de prévention et de contamination au sein de ces communautés. Elle a aussi permis de décrire les attitudes et pratiques observées par ces communautés, dans le cadre de la prévention, mais aussi, à évaluer les différentes sensibilités aux conflits liées à cette pandémie, dans la ville de Bukavu et le territoire de Kabare.

Au cours de cette étude qui est allée du 17 juin au 10 juillet 2020, 5 équipes composées de 2 enquêteurs chacune, ont été constituées. Chaque équipe devrait donc conduire des entretiens individuels et organiser des focus groupes.

Femmes et filles, principales victimes

Le sondage été effectué su un échantillon de 489 individus dont 240 femmes et 249 hommes. Parmi eux, les responsables des organisations féminines et des jeunes; des leaders religieux; des infirmiers; des préfets d’écoles et autres.

Les données recueillies démontrent que les femmes et les filles sont des principales victimes des normes sociales qui accentuent les inégalités du genre à Bukavu et à Kabare.

Selon cette étude, 62% des opinions des personnes enquêtées estiment que, les femmes et les filles sont exposées au harcèlement, violences sexuelles et autres méfaits.

Dans cette étude, il ressort que sur le plan social, il est observé une explosion des cas de violences domestiques sur les femmes et filles pendant le confinement. Car, ces dernières sont obligées de rester enfermées chez elles toute la journée avec leurs « agresseurs ».

Implication des chefs dans la prévention

Au terme de cette étude, un certain nombre des recommandations se dégagent et méritent une attention particulière des décideurs tant au niveau local que national. Notamment, la disponibilisation des matériels de protection contre la Covid-19 aux vulnérables surtout les femmes; l’implication des chefs locaux du milieu dans chaque activité de prévention et protection ou de riposte, en appuyant et en encourageant les activités d’autonomisation et d’encadrement des femmes et des jeunes filles.

Au nom du ministre provincial de la Santé, Genre, Famille et Enfants, le Docteur Israël Kyembwa, son conseiller en charge de la santé, a félicité Uwezo Afrika Intiative pour cette action qui vise le réveil des esprits et l’attention des uns et des autres sur les abus que subissent les femmes pendant cette période de Covid-19.

Il a réaffirmé le souci de son Ministère de s’approprier les recommandations et les conclusions de de cette étude, pour contribuer à la lutte contre les violences sexuelles et celles liées au genre dont sont victimes les femmes de la province du Sud-Kivu.

Par J.M Martial Bisimwa depuis Bukavu