Tshisekedi-Kamerhe : le divorce est consommé

Tshisekedi-Kamerhe : le divorce est consommé

17 août 2020 0 Par Rédaction

La coalition FCC-CACH a annoncé la reprise des pourparlers en remaniant les équipes de négociateurs. La famille de Joseph Kabila a retiré sa cartouche, la plus extrémiste, Emmanuel Ramazani Shadary pour ne laisser que Néhémie Mwilanya, Aubin Minaku, Azarias Ruberwa, auxquels elle ajoute Raymond Tshibanda, comme ses grands défenseurs. Le Cap pour le Changement (CACH), composé de l’UDPS de Tshisekedi et l’UNC de Kamerhe, cloué en prison, va se contenter des services de Kintenge Yezu ; Nicolas Kazadi, Peter Kazadi et Kabwe.

A l’analyse du profil des représentants du CACH à ces pourparlers, une évidence saute directement aux yeux : ce sont des membres de l’UDSP auxquels s’est ajouté un Kintenge Yezu, l’homme à côté et dans la pensée de Félix Tshisekedi. Il y a lieu alors de se demander où sont les représentants de l’UNC ? Une question qui soulève la problématique de règlement des comptes entre UDPS et UNC, ces deux partenaires, unis à Naïrobi dans la fièvre de la campagne électorale de décembre 2018.

Le mariage allait bon enfant entre un Tshisekedi, devenu président de la République et Vital Kamerhe, son directeur de campagne devenu directeur de cabinet. Un parfait duo politique qui a fabriqué la « fatshivit » (fusion du surnom Fatshi de Félix Antoine Tshisekedi et du prénom Vital), une vitamine que les électeurs ont prise pour se refaire la santé après plusieurs années sous le régime sortant décevant.

Mais l’effet de cette vitamine n’était que de courte durée dans la mesure où la contrefaçon a eu son droit. Pas plus de deux ans, les deux amants étaient obligés de se distancer sous le poids du tout puissant Etat de droit, qui a contraint le directeur de cabinet à faire la prison. Quand bien même le jugement a été rendu (condamnation de Vital Kamerhe à 20 ans de prison…), Félix Tshisekedi n’a jamais désigné un directeur de cabinet devant succéder à celui qui était devenu comme un vice-président.

Un président sans directeur de cabinet, c’est Félix Tshisekedi. Est-ce qu’il a peur et honte de trahir les engagements pris à Naïrobi ? C’est fort possible. Mais les faits et gestes révèlent des sanctions cachotières infligées au dircab condamné. D’abord, les doux yeux de Tshisekedi envers Albert Moleka, dont le nom est cité dans les couloirs comme potentiel successeur de Kamerhe, et puis la non désignation d’un membre de l’UNC dans l’équipe des négociateurs CACH dans la coalition FCC-CACH.

Tout montre qu’il y a divorce entre Tshisekedi et Kamerhe. Ce qui manque encore c’est la déclaration officielle de l’officiel civil. Le parrain, le président kenyan, Uhuru Kenyatta, ne constate seulement que les quolibets que ses filleuls se lancent. Entre les deux, c’est comme un couple où le mari assiste au viol de sa femme sans réagir. Tshisekedi est devenu plus silencieux que le cimetière quand il faut parler de Kamerhe.

Par R.K.