Massacres du Kasaï: la Lucha et les associations des victimes manifestent à Kananga

Massacres du Kasaï: la Lucha et les associations des victimes manifestent à Kananga

20 août 2020 0 Par Rédaction

Plusieurs associations des présumées victimes des massacres du Kasaï, répondant à l’appel du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (Lucha), ont manifesté pacifiquement, jeudi 20 août, dans les rues de Kananga pour solliciter l’implication du secrétaire général de l’ONU afin que la justice internationale se saisisse des cas des massacres qui ont été commis au Kasaï entre 2016 et 2018.

Dans un mémorandum adressé au secrétaire général de l’ONU, remis au responsable de la Monusco à Kananga, ces manifestants dénoncent l’impunité que jouissent les auteurs de ces crimes. « Nous (…) venons par le présent attirer votre particulière attention sur les massacres, viols et pillages perpétrés dans la région du Grand Kasaï, (…) qui sont restés impunis jusqu’au moment où nous vous adressons ces petites lignes« , ont-ils interpellé.

La Lucha reste convaincue, à travers son mémorandum, que l’ONU détient toute la vérité sur ce qui s’était passé au Kasaï, car ses services étaient déployés sur le terrain « non pas pour intervenir mais pour observer« . « Nous venons en tant que filles et fils, sœurs et frères des victimes de ces événements malheureux vous dire que le silence de la communauté internationale nous inquiète et enflamme nos cœurs« , se sont plaints les manifestants.

Ils ont souligné qu’ »il est inadmissible, qu’après avoir perdu sauvagement des milliers de nos mamans et nos biens, de voir la communauté internationale, censée œuvrer pour une justice égalitaire, garder un silence complice trois ans environ sans interpeller les autorités de notre pays, membre effectif de l’ONU sur la nécessité de l’établissement des responsabilités et de la sanction des responsables pour une justice juste pouvant réparer les cœurs de toutes ces mamans qui gémissent« 

Enfin, le mémorandum salue la volonté du secrétaire général de l’ONU de rendre justice aux deux experts tués au Kasaï et lui rappelle également la nécessité de le faire même à 20% pour les victimes des massacres du Kasaï dont les souffrances, en trois nuits et trois jours, soit du 28 au 30 mars 2017 « demeureront une bombe à retardement tant que les bourreaux règneront en hommes libres et enrichis ».

Parmi les associations qui se sont jointes à la marche, les victimes de Tshikapa, Nganza, Mulombodi, Tshisuku et Dibaya, pour ne citer que celles-là, étaient de la partie.

Par José Kabamba, Correspondant à Kananga