Réforme de la CENI : le piège belge que les Congolais redoutent

Réforme de la CENI : le piège belge que les Congolais redoutent

24 août 2020 0 Par Rédaction

Le Centre d’Appui Politologique Afrique-Caraïbes (CAPAC), de l’Université de Liège a initié, lundi 24 août 2020 au centre interdiocésain de Kinshasa, un forum sur la réforme électorale en RDC.

Les participants à ce forum vont, pendant 5 jours, échanger sur les questions relatives au cycle électoral congolais.

Si cette initiative semble innocente aux yeux de certains décrypteurs, vu que certains Congolais, dont les signataires de l’appel du 11 juillet 2020 ont appelé à un consensus sur les réformes électorales, les observateurs affermis dénoncent un complot néocolonialiste, avec un lobby belge à la manœuvre.

Selon certains analystes, sur l’Université belge, qui initie ce forum, pèse un lourd passé préjudiciable à la RDC.

« Cette même université a cuisiné pour les Congolais une Constitution taillée sur mesure pour imposer Joseph Kabila comme Chef de l’État, sous la surveillance paternaliste de Louis Michel et la coloration technique des Congolais belges comme Bob Kabamba », a déploré un internaute.

Oui, la Constitution de février 2006 a été le produit de cette université belge. Plusieurs acteurs politiques avaient dénoncé le fait que la loi fondamentale de la RDC soit l’émanation « des travaux pratiques » de « petits étudiants belges ». Ce qui était vu comme une insulte à l’endroit des Congolais.
Mais, le comble est que cette même constitution était élaborée selon les intérêts de la puissance coloniale.

De 2006 à 2020, 14 ans de durs labeurs se sont écoulés en RDC. Le contenu de la fameuse Constitution a toujours posé problème. Il n’a jamais réglé la problématique de la légitimité au pouvoir. Curieusement, les mêmes auteurs de cette Constitution reviennent à la charge pour parler des réformes électorales.

Les langues se délient

Comme si la RDC n’a pas d’universités et des universitaires, capables d’examiner la vie de leur nation, les Belges se mobilisent encore, avec l’appui de certains Congolais inféodés. Ce qui a énervé plus d’un acteur politique congolais.

« L’anacyclique de Kabamba = abracadabra. Vice-consul par antiphrase, expert dans la lèche. Le «nègre de maison» est comme une baleine. La gueule ouverte, elle ne voit pas devant elle. Le premier chantier au Congo n’est pas le Dialogue, c’est l’État. Bobo, vous le voyez pire que tout. », avait ironisé Kitenge Yezu, le Haut Représentant du Chef de l’Etat dans un twitt du 22 août 2020.

L’AFDC-A de Modeste Bahati a taclé l’initiative belge. « Le regroupement politique AFDC-A dénonce avec la dernière énergie toute initiative obscure, particulièrement celle du CAPAC du professeur Bob Kabamba, fruit d’un laboratoire d’un camp politique bien identifié ayant pour but d’assouvir ses desseins politiques et perpétuer le contrôle exclusif de la CENI et orienter la loi électorale selon ses calculs politiques« , avait-il dénoncé.

En résumé, certains Congolais reprochent à ce forum une forme d’ingérence inacceptable de la part d’une institution universitaire étrangère dans les affaires congolaises, la minimisation de la crème intellectuelle congolaise traitée d’incapable à résoudre les problèmes du pays. Les tenants de ces reproches se demandent si les professeurs africains peuvent initier un tel forum dans les pays européens.

Plusieurs observateurs voient en ce forum un autre accord à l’image de l’Accord de Genève, en Suisse, (novembre 2018) qui était, en réalité, un piège tendu à Félix Antoine Tshisekedi et l’UDPS, pour les amener à s’effacer de la course à la présidentielle au profit d’un candidat que la Belgique et ses partenaires européens avaient déjà choisi.

Ce qui fait que la démarche du forum est vue comme une préparation du terrain pour que leur candidat accède à la magistrature suprême, au terme des élections qui seront surveillées par les réformes dictées par ce forum.

Par Ricky KA