Kasaï : plus de 24 000 personnes déplacées en un mois à cause de divers conflits

Kasaï : plus de 24 000 personnes déplacées en un mois à cause de divers conflits

6 septembre 2020 0 Par Rédaction

« La recrudescence de la violence au Kasaï pourrait provoquer de nouveaux déplacements massifs de population », a averti l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui plaide pour que l’on se concentre à nouveau sur cette province afin d’y rétablir la paix et désamorcer les tensions.

Ces derniers jours, le HCR indique avoir reçu des informations faisant état des conflits liés à des milices, essayant de remplacer un chef de communauté traditionnel par un de ses membres dans le village de Nteenda, dans la province du Kasaï Central.

Le conflit a entraîné le déplacement de près d’un millier de personnes. A Katende, les affrontements entre deux communautés pour les ressources minérales et forestières se sont multipliés tout au long du mois d’août. Jusqu’à récemment, la région du Kasaï avait connu une période « de calme relatif ». Mais en août dernier, plus de 24.000 personnes ont fui trois conflits distincts liés à des litiges fonciers, des affrontements pour les ressources et des confrontations entre différents groupes ethniques, autorités et milices.

Selon le HCR, la majorité des personnes déplacées ont cherché refuge dans les zones frontalières provinciales au niveau du territoire de Demba, au Kasaï Central, et Mweka, au Kasaï. Les nouveaux déplacés font état de meurtres, de viols, de tortures, de pillages et d’incendies de maisons au cours des dernières semaines.

« Des dizaines de personnes sont arrivées avec des blessures. Il y a beaucoup d’enfants, de femmes et de personnes âgées parmi les déplacés », a détaillé Babar Baloch, porte-parole du HCR. A noter qu’en 2017, la violence dans la région du Kasaï avait entraîné le déplacement interne de 1,4 million de personnes. Et quelques 35.000 Congolais se sont également réfugiés en Angola.

A la suite de cette nouvelle vague de violences, le HCR continue de suivre la situation avec ses partenaires et de répondre aux besoins des victimes de violations des droits de l’homme. « Nous encourageons également les négociations de paix entre les dirigeants de différentes communautés afin de prévenir de nouveaux affrontements », a indiqué M. Baloch.

Sur le plan humanitaire, l’agence onusienne enregistre les personnes déplacées ainsi que les membres des communautés d’accueil, dont « la capacité à aider et à accueillir les déplacés est souvent limitée en raison de l’extrême pauvreté et des niveaux élevés de malnutrition dans la région ». Le HCR aide aussi les survivants de violences sexuelles et les oriente vers des soins médicaux et un soutien psychosocial.

Par GK