Mobutu 23 ans après : un sentiment de vanité qui guette tout le monde

Mobutu 23 ans après : un sentiment de vanité qui guette tout le monde

7 septembre 2020 0 Par Rédaction

Le 7 septembre 2020 nous rappelle un certain 7 septembre 1977. Cela fait exactement vingt-trois ans, jour pour jour, que le deuxième président de la République Démocratique du Congo, Joseph Désiré Mobutu, a quitté la terre des hommes, loin de son Congo natal, plutôt de son chéri Zaïre. En exil au Maroc, le « Tout-Puissant roi » du Zaïre a rendu l’âme, laissant derrière lui tout ce qu’il avait amassé comme richesses durant les 32 ans de son règne sans partage.

Qu’est-ce qui reste dans la mémoire des Congolais quand le nom de Mobutu est cité ? Les avis divergent. Mais est-il que le « Léopard zaïrois » a fini sa course, sur la terre des hommes, sans tous les honneurs qui étaient dus à son rang et son aura. Il a rendu l’âme loin des terres zaïroises, au Maroc où il a bénéficié de la compassion du Roi Hassan II.

Qui l’eût cru ? Mobutu en train de fuir. Mobutu manquant un pays de refuge. Mobutu enterré dans une modeste tombe marocaine. Mobutu, vomi et dénoncé par ses propres proches qui ont fini, au fil des jours, par délier leurs langues. Les différents documentaires, avec des témoignages des gens de son pré-carré, n’ont fait que faire haïr celui qui a longtemps régné en maître sur le Grand Congo.

Mais la mort du Maréchal du Zaïre donne au monde entier, particulièrement aux politiciens congolais, une leçon : la vie n’est qu’un souffle. Aucun homme n’est éternel quels que soient les comptes en banque ; les succès ; la grandeur et la domination. Oui, la vie ne tient qu’à un souffle. Celle de Mobutu, que certains Congolais ont divinisé en lui rendant des cultes comme Israël envers son créateur, s’est terminée de la manière à laquelle il ne s’attendait peut-être pas.

Le cancer de la prostate a eu raison de lui alors qu’il n’était âgé que de soixante-six ans. L’homme est devenu Président du Zaïre à 34 ans pour y régner pendant trois décennies et deux ans. Il était devenu l’homme fort. Son omnipotence a même dépassé les frontières zaïroises jusqu’à influencer sur les avènements de certains leaders au pouvoir.

Chaque chose a son temps

Malgré cela, Mobutu a, à sa chute au pouvoir, manqué où aller. Les impératifs d’une géopolitique revue lui ont fait perdre tous les anciens amis. Le Maréchal était devenu persona non grata chez la plupart de ses homologues avec qui il a partagé les honneurs du tapis rouge. Après sa mort, il est difficile aujourd’hui de faire l’inventaire de son héritage. Les palais ou les palaces, les concessions, les immeubles, les femmes…, au nom de Mobutu, sont à rechercher comme une aiguille dans le sable.

Les politiciens congolais doivent intérioriser la leçon : rien n’est éternel. Le pouvoir qu’ils ont ne doit pas être utilisé contre le peuple. Ce peuple souffre pendant qu’eux amassent des richesses insoupçonnées. Les montants d’argent détournés font mal aux oreilles de ce petit peuple, dont le capital des petits commerces, souvent inquiétés par la police, ne dépasse pas 100 dollars.

Ils distribuent des millions d’argent dans les boîtes de nuit, les dépensent pour leurs copines, qui roulent carrosse alors que les vrais travailleurs n’ont pas les salaires décents, construisent des gratte-ciels ; confisquent les biens des moins forts parce que la justice leur est favorable. Certains tuent, font emprisonner tous ceux qui leur opposent une résistance dans un tel ou tel autre dossier.

Ils font tout ça oubliant que rien n’est éternel. Le peuple qu’ils font souffrir n’a pour défenseur que son créateur. Sa souffrance crie et un jour son créateur dira : « j’ai entendu la souffrance de mon peuple ». La suite c’est que l’oppresseur, l’Egyptien, que le peuple voyait, il ne le reverra plus, car le Créateur a décidé de souffler sur la vie du méchant.

Mobutu pouvait avait tout pour disposer de meilleurs soins, une bonne alimentation, une meilleure sécurité physique…mais il lui a manqué les moyens de se protéger de la prostate. Aux politiciens de ne pas oublier qu’ils peuvent avoir des gardes du corps mais ils n’empêcheront jamais au moustique de les piquer et leur transmettre la malaria. Alors à quoi serviront toutes les richesses qu’ils amassent à la souffrance du peuple ? Qu’est-ce qui sera dit d’eux après leur mort ? A chacun de se poser la question et de trouver la réponse.

Par Ricky KAPIAMBA