RDC : la VSV appelle à la fin des menaces Dismas Kitenge

RDC : la VSV appelle à la fin des menaces Dismas Kitenge

29 septembre 2020 0 Par Rédaction

La Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV), une organisation non gouvernementale œuvrant dans le domaine des droits de l’homme, appelle à la fin des menaces contre la sécurité et la vie de Dismas Kitenge, président du Groupe Lotus basé à Kisangani (Tshopo) et SG honoraire de la Fédération Internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH).

Elle rappelle que c’est depuis le 8 septembre 2020 que Dismas Kitenge et sa famille font l’objet de menaces et de plusieurs harcèlements à travers des appels anonymes et messages téléphoniques à travers lesquels une personne inconnue lui promet de tout faire pour l’éliminer à cause de ses positions contre les autorités et personnalités publiques de la RDC.

D’après VSV, tout a commencé après la séance de travail que la société civile de la Tshopo a eue avec le ministre des Droits humains, le 7 septembre 2020.

Chargé par la société civile de présenter l’état des lieux des droits de l’homme dans la province de la Tshopo, Dismas Kitenge a décrit la situation des droits de l’homme de la province, en stigmatisant le retour de certaines autorités militaires dans la province, notamment, le commandant de la 31e région militaire à Kisangani, le général de brigade William Benjamin Balengela Kazadi. Le retour de cet officier général, cité dans des dossiers sensibles, est perçu comme un affront et un manque de considération à l’endroit des victimes.

Ancien officier des ex-Forces armées zaïroises (FAZ) et de l’ex-mouvement rebelle Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), il avait excellé dans les dossiers de graves violations des droits de l’homme perpétrées à Kisangani de 1998 à 2001.
Suite à ces menaces persistantes, Kitenge a porté plainte contre inconnu le 19 septembre 2020, au Tribunal de Grande Instance de Kisangani et a exprimé ses inquiétudes concernant sa sécurité et celle de sa famille. Il a également été reçu par le gouverneur a.i. de la Tshopo, Maurice Abibu Sakapela, ancien cadre du RCD. Celui-ci lui a signifié que « ce dossier était sensible et que toute vérité n’est pas bonne à dire », en lieu et place de tout mettre en œuvre pour la sécurité de son interlocuteur.

L’inquiétude de la VSV est d’autant plus grande que la province de la Tshopo connaît, ces derniers temps, une situation d’insécurité caractérisée par des assassinats, des meurtres des personnes dont certaines ont été retrouvées égorgées.

Des allégations persistantes font état de la présence des terroristes ADF dans la province. À cet effet, la VSV rappelle aux autorités congolaises que la sécurité des personnes et leurs biens leur incombe et qu’aucun motif, quel qu’il soit, ne peut justifier des menaces contre une personne.

Elle rappelle, également, aux autorités congolaises qu’il leur incombe au premier chef la mission de garantir la sécurité de Dismas Kitenge, conformément à la Déclaration de 1998 des Nations Unies portant Protection des défenseurs des droits de l’homme.

La VSV et les autres organisations de défense des droits de l’homme tiendront pour responsables les autorités congolaises, en général, et les autorités politico-administratives et militaires de la province de la Tshopo, et en particulier, au cas où un mal arriverait à Dismas Kitenge.

L’organisation demande aux autorités congolaises de diligenter une enquête indépendante pour faire la lumière sur la situation d’insécurité qui pèse sur Dismas Kitenge et sa famille, en vue d’identifier les auteurs des menaces aux fins des poursuites judiciaires.

Par GK