Sud-Kivu : dans la rue, la société civile ne jure que sur la mise en œuvre effective du Rapport Mapping

Sud-Kivu : dans la rue, la société civile ne jure que sur la mise en œuvre effective du Rapport Mapping

1 octobre 2020 0 Par Rédaction

Les organisations de la société civile en province du Sud-Kivu, montent au créneau pour exiger la mise en œuvre effective des recommandations issues du Rapport Mapping des Nations Unies sur les violations graves des droits de l’homme commises en République démocratique du Congo entre 1990 et 2003.

Elles l’ont exprimé ce jeudi 1er octobre, lors d’une marche pacifique organisée à Bukavu, à l’occasion du dixième anniversaire de la publication du Rapport Mapping.

La marche est partie de la Place Muzihirwa à Nyawera, jusqu’au gouvernorat de province où un mémorandum a été lu et déposé entre les mains de l’autorité provinciale.

Les organisations de la société civile constatent avec regret que, dix ans après la publication de ce rapport, « aucune de ces recommandations visant à la mise en place des outils garantissant le droit des victimes à la vérité, la justice et la réparation n’a été mise en œuvre« .

Elles indiquent que la liste des auteurs présumés des dite violations, qui pourraient être constitutives de crimes de guerre, de crime contre l’humanité et de crime de génocide, est toujours gardée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme à Genève.

« Les massacres et les atrocités de masse, y compris les violences sexuelles liées aux conflits, se poursuivent au quotidien dans un climat prévalant d’impunité. Notamment, car certains de ceux qui devraient en répondre occupent de hautes fonctions au sein des institutions, des forces de sécurité et de défense, et d’autres circulent librement dans des pays étrangers », souligne Jean Chrysostome Kijana, Président national de la Nouvelle dynamique de la société civile (NDSC) Chunvi ya Congo.

Dans un mémorandum adressé au Secrétaire général des Nations Unies, les acteurs de la Société civile restent convaincus qu’ « il n’y aura ni sécurité ni développement durable en RDC et dans la région des Grands-Lacs, sans le respect des droits humains et sans le recours à une justice indépendante et impartiale, garantissant aux victimes leurs droits à la justice, à la vérité et aux réparations« .

Ainsi, demandent-ils au chef de l’ONU de soutenir les efforts du président de la république, Félix Tshisekedi qui, selon eux, vient de s’engager à avoir recours aux différents outils de la justice transitionnelle, notamment, l’établissement d’un tribunal international pénal pour la RD Congo.

« De s’assurer que ces mécanismes judiciaires indépendants et impartiaux, une fois établis, aient accès à la base de données du Haut-Commissariat, actuellement strictement confidentielle. De soutenir les efforts pour l’établissement de mécanismes de recherche de la vérité, de programme de réparation et de garanties de non-répétition, telle qu’une réforme profonde des secteurs de la sécurité et de la justice », précise le mémo.

Ces organisations demandent également à l’ONU d’assister les autorités congolaises dans l’adoption et la mise en œuvre effective d’une loi nationale sur la protection des droits des défenseurs des droits humains en général, et d’une loi spécifique visant la protection et l’assistance des victimes.

Par Martial Bisimwa