Lualaba : plus de 50 ong s’insurgent contre la démolition des villages à Busanga

Lualaba : plus de 50 ong s’insurgent contre la démolition des villages à Busanga

9 octobre 2020 0 Par Rédaction

Au moins 53 Organisations de la société civile congolaise appellent le Président de la République à se montrer solidaire avec les victimes des villages 48 heures, Monga Lubuza et Kamalenge, déguerpies sauvagement près du barrage de Busanga, sur instruction du gouverneur du Lualaba et la Sycohydro.

Les organisations signataires de ce communiqué conjoint demandent au Chef de l’État de prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’un tel drame ne se répète.

Ces Organisations de la Société Civile signataires de ce document ont suivi avec consternation la démolition des habitations des communautés locales près du barrage hydroélectrique de Busanga en construction dans la Province du Lualaba. Ces faits se sont déroulés sur instruction du gouverneur du Lualaba et la Sycohydro .

« Nos organisations appellent le Président de la République à adopter des mesures nécessaires et urgentes pour garantir que le
développement du secteur de l’électricité se fasse au bénéfice et non détriment du peuple
congolais
« , lancent-elles.

Pour rappel, le 3 octobre 2020, 9 Organisations de la Société Civile ont exhorté le Président de la République d’ordonner l’arrêt immédiat de la démolition des centaines de maisons du village 48 heures qui risquent d’être inondées par le réservoir de Busanga.

Ces Organisations de la Société Civile ont constaté que les communautés étaient insatisfaites des faibles montants d’indemnisation, de l’absence d’une politique de relocalisation et d’un mécanisme de gestion des plaintes et qu’elles avaient introduit un recours administratif à travers leur avocat conseil à Kolwezi le 26 Juillet 2020.

En parallèle, ces Organisations de la Société Civile ont eu à initier un dialogue avec les parties prenantes et rencontré le Ministre provincial de l’intérieur, président de la commission provinciale délocalisation et les responsables de la Sicohydr. A l’issue de ce dialogue social, une feuille de route était remise à ce titre afin de favoriser un règlement à l’amiable.

En dépit de recours administratif et judiciaire en cours, les autorités provinciales ont
dépêché la police et l’armée pour « encadrer » le 3 octobre 2020, la destruction totale de
trois villages, qui comptaient plus d’un millier des constructions.

Depuis lors, les membres des communautés habitant ces villages sont sans abris et éparpillés dans la zone notamment, sur les concessions des entreprises minières MMR et TRANSVAL ainsi qu’au village Kyamasumba où ils vivent dans une situation extrêmement précaire. Ils dorment à la belle étoile, munis des matelas et autres effets personnels qu’ils ont pu sauver. Leur situation est extrêmement
précaire.

Par ailleurs, les Organisations de la Société civile signataires dénoncent la destruction des villages et le déplacement forcé des habitants. Bien plus, elles estiment que la privatisation du secteur de l’électricité et le besoin de l’énergie dans la région ne devrait pas être une excuse pour bafouer les droits des communautés locales.

Un grand projet comme Inga II

Le site hydroélectrique de Busanga est le plus grand projet construit en RDC depuis Inga 2, développé par l’entreprise Sicohydro pour alimenter la SICOMINES au Lualaba.
C’est aussi le premier projet de grande envergure depuis la privatisation du secteur de l’électricité en RDC.

Les Organisations de la Societé civile demandent au Président un signal politique fort, destiné aux gouvernements tant national que provinciaux pour que le développement du pays se passer dans le respect des droits humains des communautés locales affectées par les projets d’investissement en RDC.

GK