RDC : les 3 préalables majeurs du FMI, une course de sauts d’obstacles pour le gouvernement Ilunkamba

RDC : les 3 préalables majeurs du FMI, une course de sauts d’obstacles pour le gouvernement Ilunkamba

13 octobre 2020 0 Par Rédaction

Soixante années d’indépendance (1960-2020) mais la République démocratique du Congo est toujours incapable de réaliser un budget annuel d’au-delà de 6 milliards USD. La non atteinte des 11 milliards USD pour 2020 est justifiée par la pandémie de COVID-19. Tant pis, les regards sont tournés vers l’avenir.

Pour 2021, le Fonds monétaire international (FMI) pose trois préalables majeurs pour la conclusion d’un accord triennal formel avec la RD Congo. Ce sont: l’élaboration d’un projet de budget 2021 réaliste; la restructuration de la Banque centrale du Congo (par la nomination des commissaires aux comptes et le renouvellement de son Conseil d’administration) ainsi que la transparence dans le secteur minier (publication du rapport ITIE et publication de tous les contrats miniers conclus, notamment ceux de la MIBA et de SOKIMO).

Dans cette perspective, le gouvernement du Premier ministre Sylvestre Ilunkamba est engagé dans des discussions avec le FMI pour la conclusion, au dernier trimestre 2020, d’un Programme triennal formel qui doit permettre à la RDC d’avoir d’importants appuis des partenaires financiers internationaux, dont la Banque mondiale (BM) et la Banque africaine de développement (BAD).

REGARD SUR LE BUDGET 2020

Le budget de l’exercice 2020 de la République démocratique du Congo (RDC) s’est effiloché, dégringolant de 11 milliards USD à moins de 5 milliards.

Pour cause, l’incapacité des régies financières de produire les recettes leur assignées par la loi des finances votée par le Parlement en termes identiques et promulguée par le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

En effet, les assignations des recettes en 2020 des régies financières sont réduites de 8,2 à 5,4 milliards USD aux termes du Plan de Trésorerie, publié au mois de février 2020 par le ministère des Finances, qui réduit de 33,5% les assignations des recettes fiscales et non fiscales des régies financières.

« En appliquant le taux budgétaire de 1 687,9 CDF/USD, ces recettes publiques passent ainsi de 13 869 milliards de CDF (8,2 milliards USD) à 9 195,6 milliards de CDF (5,4 milliards USD). Ce qui représente un taux de réduction d’environ 33,5%« , explique le Ministère des Finances qui fonde sa conviction sur le principe selon lequel « le cadre macroéconomique n’est pas figé mais mouvant et que les circonstances ayant prévalu à l’adoption du Budget ont évolué« .
Ce qui motive l’élaboration d’un Plan de Trésorerie reprenant, dans son contenu, les réalités du moment.

 » Ce Plan de Trésorerie résulte de la prise en compte des tendances défavorables de la conjoncture actuelle. Il retient des recettes et des dépenses totales respectivement de 9 195,6 et 9 545,6 milliards de CDF. Il en résulte un déficit de 350 milliards de CDF à couvrir par l’émission des bons de Trésor à souscrire par les banques commerciales. À la faveur du lissage garanti par l’émission des Bons dur Trésor, ce Plan de Trésorerie se fonde ainsi sur un financement +monétaire zéro+ de la part de la Banque Centrale du Congo conformément au critère du programme de référence (du janvier à fin mai) et du programme formel à venir« , argue le Ministère des Finances.

Il fait remarquer que « le Plan de Trésorerie est ajustable, c’est-à-dire varie périodiquement en fonction des données en présence« .
« Pour obtenir le Plan de Trésorerie, il faut déduire de la Loi des Finances, au niveau du budget général les ressources extérieures sous forme des dons ou des prêts lesquels sont déjà pré-affectés, les budgets annexes et les comptes spéciaux, lesquels relèvent de l’activité des entreprises émargeant à ce niveau« , précise-t-il.

Or, la Loi des Finances 2020 a été votée en équilibre à 18 545,2 milliards de CDF ramenés à 13 869 milliards de CDF en tenant compte du cadre macroéconomique sous-jacent.

« Pour le Plan de Trésorerie, ces 13 869 milliards de CDF sont considérés comme le montant maximal en recettes et dépenses; en d’autres termes en produits encaissables et en décaissements« , explique encore le ministère des Finances pou justifier l’impuissance des régies financières.

COBALT ET PÉTROLE, ABSENTS MAJEURS

A lors que le Rwanda est, aujourd’hui, premier exportateur africain du cobalt, en RD Congo, d’où il est extrait frauduleusement, ce minerai stratégique n’apparaît dans aucune loi de finances.

Quant au pétrole, dont l’exploitation est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine et enrichit les pays voisins (Angola, Congo, Gabon et Guinée équatoriale), ses recettes sont pratiquement un secret d’État.
Ainsi se justifient les exigences du FMI.

Par Angelo Mobateli