RDC : « Il eût un soir, et il eût un matin »

RDC : « Il eût un soir, et il eût un matin »

22 octobre 2020 0 Par Rédaction

Le peuple congolais dans son ensemble se réjouit de la nouvelle ère de l’État de droit qu’instaure l’actuel Chef de l’État, pendant qu’il salue la mise en bière du régime sortant .

« Dieu appela l’étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le second jour« , extrait du livre de Genèse 1,18. Les exégètes adaptent cet extrait biblique au contexte congolais où la vie est parsemée d’embûches, d’obstacles et de tentations. Ils expliquent qu’il y a toujours une fin à toute chose, à commencer par la vie de l’homme lui-même, avec son orgueil stupide et arrogance incommode.

Le verset et ses explications s’apparentent à la situation actuellement vécue en République démocratique du Congo (RDC), pays qui peine à prendre son envol. Et pour cause? Pourtant libre et indépendant depuis 60 ans.

Selon bon nombre d’analystes, la misère qui clochardise les Congolais est la résultante de la mauvaise gestion du pays. Les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête du Congo-Kinshasa n’ont pas pu transformer la potentialité des richesses de ce scandale géologique.

Loin de faire ici le bilan de chacun, il est cependant impérieux de s’atteler au temps présent, marqué par des péripéties d’une coalition qui rime avec le statu quo. Au lendemain des élections qui ont porté Félix Tshisekedi à la Magistrature suprême, ce dernier était obligé constitutionnellement de coaliser avec son prédécesseur qui s’était adjugé une majorité au Parlement.

Ainsi donc était consacré un mariage contre nature, vu deux idéologies diamétralement opposées de deux autorités morales de CACH et FCC. Mais mariage tout de même qui suscite quotidiennement des discussions, querelles intestines et conflit des compétences. A la base? La femme veut prendre la place de l’homme, alors que ce dernier tient à confirmer son autorité dans le foyer.

Au départ, l’homme s’est montré élégant, tolérant, humain. Mais la femme et les voisins ont vu en ces qualités de l’homme, une lâcheté. D’où, des invectives du genre : marionnette, étiquette, manipulable, pantin, etc. Non, ils ont eu tort de penser ainsi. L’homme est une peau dure à cuire, fils d’un intraitable opposant à tous les régimes.

Le choix est clair

Parce qu’il a à choisir entre satisfaire les appétits d’un allié capricieux et insouciant de la misère de ses semblables, et la population, l’homme préfère « le peuple d’abord ». Voilà qui va lui attirer la foudre de la femme. Des combines sont montées, des conjurations tramées, pièges périlleux, tous les calculs sont sur la table pour freiner l’élan audacieux de l’homme, l’opposer à ses frères, mais aussi l’aider à ne rien faire.

Objectif, maintenir le pays au rythme habituel d’enrichissement illicite et facile d’une confrérie, la corruption, la gabegie financière, le dédoublement des entreprises et ports, sites touristiques, des partis politiques. Il ne leur restait qu’à dédoubler l’être humain. Ce que ne veut nullement l’homme qui, lui a des comptes à rendre au peuple.

Après des conciliabules qui accouchent toujours d’une souris, le mari sort ses griffes devant la femme (FCC) édentée. Du coup, la peur change de camp. L’homme qui était patient et tolérant, est prêt à mordre tout ce qui touche aux intérêts de son « peuple d’abord ». Que va-t-il dire ce vendredi 23 octobre Urbi et Orbi? Dissoudre le Parlement, étant donné la crise persistante ? L’approche n’est pas à écarter.

Le vin est tiré, après la prestation de serment de nouveaux juges de la Cour constitutionnelle, l’homme peut se passer de sa femme, car les enfants ont grandi, ils peuvent tout faire seuls. La convocation du Premier ministre ce jeudi à la Cité de l’UA, présage quelque chose de profond. Déjà le conseil des ministres de ce vendredi est renvoyé à une date ultérieure. Oui, le jour n’a pas été communiqué. Le Remaniement du Gouvernement précédé d’une nomination d’un informateur, peut faire la Une de l’actualité ce vendredi.

En tout état de cause, il eût un temps de blocage, et il eût un temps de sévir les électrons libres qui entravaient le bon fonctionnement du système. Il eût la période de menacer de destitution, et il eût le temps d’avoir peur d’être dissout. Le peuple qui marchait dans la longue nuit, voit une lumière se lever. Bienvenu le temps de la justice juste et indépendante, finie l’apogée des intouchables. Bienvenu le temps pour chacun de rendre compte de sa gestion d’hier. Le mal congolais est profond et appelle à fouiner.

Et le peuple dans son ensemble se réjouit, parce qu’il eût un soir plein de misère, arrestations arbitraires, pillages des richesses, et il y a aujourd’hui un matin plein d’espoir. Est donc pris, qui croyait prendre.

Par Bajika Édouard