HRW exige des enquêtes sur la responsabilité de l’État congolais dans le meurtre de deux experts de l’ONU

HRW exige des enquêtes sur la responsabilité de l’État congolais dans le meurtre de deux experts de l’ONU

14 mars 2021 0 Par Rédaction

« Quatre ans après le drame, la justice congolaise n’a toujours pas démontré qu’elle entend enquêter de manière exhaustive sur le rôle crucial que des responsables du gouvernement et des forces de sécurité ont pu jouer dans ces meurtres », a affirmé Thomas Fessy, chercheur principal pour la RD Congo chez Human Rights Watch. Dans un communiqué publié, vendredi 12 mars 2021, il considère qu’« il n’y aura pas de véritable justice tant que le tribunal ne remonte pas la chaîne de commandement ».

L’Ong internationale de défense des droits de l’homme, Human rights whatch (HRW) demande aux autorités congolaises d’enquêter « de manière significative » sur la responsabilité du gouvernement de la RDC dans les meurtres de deux experts onusiens, Michael Sharp et Zaida Catalán, tués en 2017, au Kasaï Central.

Explorer toutes les pistes

Pour HRW, le président de la République, Félix Tshisekedi devrait s’engager à faire en sorte que tous les individus responsables de ces meurtres rendent des comptes et que « les normes internationales d’un procès équitable soient respectées ».

« La justice congolaise devrait explorer toutes les pistes afin que toute la vérité soit révélée sur l’assassinat des experts de l’ONU, le sort de leur interprète et de leurs chauffeurs », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal pour la RD Congo chez Human Rights Watch. Avant d’ajouter que, « D’autres hauts fonctionnaires, notamment ceux dont la responsabilité serait d’avoir planifié et ordonné les meurtres, devraient faire l’objet d’enquêtes. »

Au cours de l’année 2020, trois personnes présentées comme des acteurs clés dans ce double meurtre ont été arrêtées. Une vidéo de l’exécution, qui a circulé pendant les semaines ayant suivi les assassinats, n’a cependant pas encore été examinée en tant que preuve matérielle permettant d’identifier les assaillants.

« Aller au-delà des exécutants »

HRW estime que l’instruction devrait aller au-delà des exécutants et, s’il y a lieu, orienter l’enquête vers les échelons supérieurs de la chaîne de commandement. Le colonel Jean de Dieu Mambweni, officier militaire, et Thomas Nkashama, agent de l’immigration, sont les seuls responsables des services de l’État parmi les prévenus. José Tshibuabua, un suspect qui était un informateur de l’Agence nationale de renseignement, est mort en détention vers fin 2019.

« Ce ne sont pas seulement nos familles mais aussi les populations du Kasaï et du Congo qui méritent de savoir la vérité », a déclaré Elizabeth Morseby, la sœur de Zaida Catalán, par téléphone à Human Rights Watch. « Eux aussi ont besoin de refermer la plaie suite aux horribles abus sur lesquels Zaida et Michael enquêtaient dans la région. Il est dans l’intérêt de tous que cette affaire soit résolue. »

L’Ongdh en outre, du fait que davantage de personnes disposant d’informations potentiellement pertinentes comparaissent désormais devant le tribunal. Il s’agit notamment, de Sonia Rolley, journaliste de RFI, qui se trouvait au Kasaï-Central au moment des faits et qui a depuis enquêté dessus.

« Le président Tshisekedi avait affirmé lors de réunions avec Human Rights Watch et des hauts fonctionnaires des Etats-Unis, notamment, qu’il était déterminé à faire en sorte que toute la vérité soit enfin révélée, et que les principaux responsables des meurtres soient tenus de rendre des comptes. Les hauts fonctionnaires impliqués, actuels et anciens, ne devraient pas s’en tirer sans poursuites et toute personne qui s’immisce dans la procédure, falsifie des preuves ou menace les prévenus et témoins devrait être dûment sanctionnée », rappelle Hrw.

L’Ong pense que le Mécanisme de suivi de l’ONU et les partenaires internationaux de la RD Congo devraient encourager les autorités à analyser toutes les preuves pertinentes et à explorer chaque piste jusqu’à ce qu’elles soient toutes épuisées. Avec le soutien de l’ONU, les autorités congolaises devraient faire en sorte que la sécurité de tous les témoins et prévenus soit assurée, recommande HRW.

Par Saint Gabriel