Ce que charrie la pluie…

Ce que charrie la pluie…

17 mars 2021 0 Par Rédaction

A Kinshasa, l’après-pluie a fini par devenir un marronnier. A savoir, pour les non-initiés aux arcanes journalistiques, un événement récurrent que l’on aborde invariablement de la même manière. Pas donc inhabituel d’entendre ou de lire qu’à Kinshasa, après la pluie ce n’est pas le beau temps.

Hier, les images d’une…capitale ayant ses « membres inférieurs » dans l’eau ont fait le tour de réseaux sociaux. Comme résignés, les Kinois attendent ou plus exactement redoutent déjà les affres de la prochaine flotte. Voilà qui devrait interpeller les gouvernants à tous les étages.

Quel contraste entre les tonnes d’odes pro « peuple » déclamées à longueur de journée et les conditions infra humaines du plus grand nombre que la moindre pluie remet en surface? Quel écart entre la débauche de ressources financières, sécuritaires, physiques pour rebattre les cartes politiques tant au niveau national qu’à l’échelle des provinces et les moyens mis en œuvre pour améliorer l’ordinaire de la majorité silencieuse?

Le triste mérite de l’averse d’hier est de charrier -au propre comme au figuré- les vrais problèmes de vraies gens. Ces difficultés concrètes que les dirigeants politiques noient dans le flot et le flou des polémiques politiciennes avec, pour seule perspective, le positionnement des uns et des autres.

C’est le cas en ce moment où les hiérarques de la nouvelle majorité sont tous occupés à se disputer le « gibier » abattu. Chacun tenant à arracher le plus de morceaux possibles. Le peuple, le critérium énoncé et annoncé, le profil…tout ça apparaît comme de la littérature.

Résultat, le pays est toujours sans gouvernement de plein exercice. Une situation d’autant plus anormale que le Cabinet sortant fonctionne depuis l’ire présidentielle d’octobre …2020 comme, une commission technique. Pas un seul conseil des ministres depuis.

Combien des pluies diluviennes faudra-t-il encore pour que les détenteurs du pouvoir politique changent de logiciel ? C’est à se demander si la pluie de pleurs du peuple n’atteint pas le parapluie de l’indifférence des décideurs politiques.

Par José NAWEJ