RDC : le HCR craint une nouvelle vague de déplacements massifs de personnes dans la région du Kasaï

RDC : le HCR craint une nouvelle vague de déplacements massifs de personnes dans la région du Kasaï

17 avril 2021 0 Par Rédaction

Dans un communiqué publié, vendredi 16 avril 2021, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) se dit « alarmé » par un regain de violence dans la région du Grand Kasaï. L’Agence onusienne craint une nouvelle vague de déplacements massifs dans le pays et appelle à « redoubler d’attention pour rétablir la paix et désamorcer les tensions au Kasaï.

Des violences dans l’espace Kasaï a déjà déplacé des milliers de civils dont les femmes et les enfants. Selon les autorités locales, environ 21 000 Congolais – principalement des femmes et des enfants – ont été déplacés depuis le 28 mars dernier par des affrontements entre les groupes ethniques Luba et Kuba, dans la localité de Bakwakenge, située dans la province du Kasaï, issue du démembrement de l’ancienne province du Kasaï Central.

Des sources concordantes rapportent qu’« au moins 13 personnes ont été tuées, de nombreuses autres ont été blessées et 190 maisons ont été réduites en cendres ».

L’espace Grand Kasaï peine à retrouver la cohésion et la cohabitation pacifique entre différentes ethnies de de la région, après les violences de 2017 qui avaient endeuillé le Grand Kasaï et contraint 1,4 million de personnes à se déplacer de leurs milieux d’origine vers d’autres localités. Cette situation due aux affrontements entre l’armée congolaise et la milice Kamuina Nsapu, de triste mémoire, a également forcé 35 000 réfugiés à fuir vers l’Angola en quête de sécurité.

« Désamorcer les tensions au Kasaï »

Le HCR appelle à « redoubler d’attention pour rétablir la paix et désamorcer les tensions au Kasaï, afin d’éviter une nouvelle vague de déplacements massifs dans le pays ».

Les tensions entre les deux communautés seraient en hausse depuis août 2020, en raison de litiges fonciers. Les attaques et contre-attaques survenues l’année dernière ont déplacé plus de 13 000 familles, soit environ 40 000 personnes. Beaucoup d’entre elles n’ont pas pu rentrer chez elles par crainte de représailles. En septembre 2020, le HCR a apporté son assistance à 43 000 personnes affectées, dont 40 000 déplacés internes et 3000 membres des communautés d’accueil. Des allocations d’aide en espèces et des articles de secours leur ont été fournis.

Les agences humanitaires se rendent actuellement dans les zones affectées pour évaluer la situation. La plupart des personnes déplacées, qui ont fui en hâte, ont tout abandonné derrière elles. Elles ont besoin d’abris, de nourriture et d’un accès aux services médicaux. La majorité d’entre elles sont accueillies au sein des communautés locales qui luttent déjà pour faire face à des ressources limitées. D’autres passent la nuit à la belle étoile.

Le HCR achemine du matériel de secours, notamment des bâches en plastique pour les abris, des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans et des kits d’ustensiles de cuisine depuis la capitale, Kinshasa, mais les besoins sont supérieurs au volume disponible pour aider 5000 familles.

Des ressources supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour aider les personnes déplacées dans la région. A ce jour, le HCR n’a reçu que 12% du montant de 204,8 millions de dollars nécessaire à ses opérations en RDC.

Au total, plus de cinq millions de personnes sont aujourd’hui déplacées en RDC.

Par Stanislas Ntambwe