Le destin

Le destin

1 juin 2021 0 Par Rédaction

Le Haut représentant et Envoyé spécial du chef de l’État, Kitenge Yezu, s’est éteint, lundi, à l’âge de 76 ans. Pour le président de la République et sa famille politique, c’est une énorme perte que de voir se déraciner un baobab en ce début de saison sèche.

Était-il l’homme providentiel pour Félix Tshisekedi et son régime ? Quel que soit le bout par lequel on va le prendre, le décès de M. Kitenge laissera à jamais un vide dans l’entourage du président de la République. Celui que d’aucuns appelaient affectueusement « Le Patriarche » avait un rôle de premier plan à jouer auprès du chef de l’État.

Dans le palais présidentiel, l’homme était presque tout : tantôt il jouait au fou du roi, tantôt au mentor, tantôt au conseiller attitré… bref, le Haut représentant volait tellement haut que parfois sa présence, ou mieux, sa simple parole se confondait à celle du Chef lui-même. Dans cette étoffe, l’homme était à la fois admiré, considéré, adulé et craint. Quand le Patriarche ouvrait sa bouche, c’était pour refermer celle des autres, surtout des adversaires politiques de Fatshi !

Que dire ? La mort le surprend au moment où le chef de l’État avait encore certainement besoin de ses services. Mais le destin a imposé sa sentence. De cette disparition, une chose est certaine : Kitenge Yezu s’en est allé avec tout son bagage intellectuel, sa sagesse rompue et son aura politique légendaire…

Une plume alerte, romantique et poétique, avec une verve oratoire à laisser suspendre même ses adversaires politiques sur ses lèvres, « Le Patriarche » savait placer chaque mot à sa place et au moment opportun pour défendre son chef et convaincre même le plus sceptique de ses détracteurs.

Est-il besoin de rappeler que son nom – « Yezu » qui signifie Jésus – suffisait à lui-seul pour le placer parmi des humains hors-du-commun ? Repos éternel, cher Patriarche.  

Avec LP