Justice : enfin le Sénat livre Matata Ponyo

Justice : enfin le Sénat livre Matata Ponyo

5 juillet 2021 0 Par Rédaction

Cette décision du bureau du Sénat fait suite au réquisitoire du Procureur général près la Cour constitutionnelle.

L’épisode sur une série de poursuites judiciaires qui pèsent sur l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo est loin d’aboutir. Au contraire, c’est plutôt le commencement d’un scénario dont on ne peut prédire l’issue.

Sur les sept membres qui composent le bureau de la Chambre haute du Parlement, six ont pris part à la réunion présidée ce lundi par le président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo. Ils ont voté pour autoriser les poursuites et lever des immunités de l’ancien Premier ministre afin de lui permettre de présenter ses moyens de défense devant les instances judiciaires.

Comme qui dirait : « Les loups ne se mangent entre eux », les sénateurs avaient d’abord refusé par vote, de lever les immunités de leur collègue. Les critiques qui ont suivies cette décision peu orthodoxe des « sages », ont jeté un discrédit à la Chambre haute du Parlement au point de s’interroger sur la nécessité de cette institution que d’aucuns qualifient de « budgétivore » au service du mal.

Fini le règne des intouchables

Il fallait ainsi attendre que le président de la République, lors de sa récente déclaration publique à l’Est du pays, remette en cause le travail des sénateurs quant à leur subjectivité dans le traitement du dossier Matata Ponyo pour que ces derniers reviennent à la raison et décident enfin d’autoriser les poursuites judiciaires contre Matata et, par ricochet, lever ses immunités en vue de le mettre à la disposition de la Justice.

Il n’est pas tard de faire le bien, dit-on. Matata Ponyo vient d’être livré par ses pairs, ceux-là même qui l’ont protégé longtemps dans la bergerie en refusant de lever ses immunités pourtant réclamé par la Justice. De l’avis de certains analystes, des jours sombres attendent l’ex-Premier ministre qui devra faire face à la Justice de son pays en laquelle il ne fait pas confiance.

Quelle chance donner à Augustin Matata Ponyo dans cette bataille juridique avec l’État sur sa gestion de la res publica ? L’avenir nous en dira plus.

Par Stanislas NTAMBWE