On joue aux prolongations

On joue aux prolongations

18 août 2021 0 Par Rédaction

Les chefs des confessions religieuses ont décidé de jouer aux prolongations. Ils se font même désirer, à défaut de se laisser corrompre.

Face à ce théâtre, les fidèles – chrétiens, musulmans et autres – regardent, dépités, les entourloupettes de leurs chefs spirituels. Spectacle aussi affligeant que celui de voir les religieux se répandre dans les médias pour se justifier et, en même temps, accuser les autres. Une attitude dramatiquement païenne. Car l’esprit de solidarité, socle du christianisme, a déserté les lieux de leurs rencontres.

Certes, la matière que la législation congolaise leur a confiée est hautement politique. Car gérer les joutes électorales n’a rien de commun avec la gérance d’une organisation non gouvernementale, d’un hôpital ou d’un établissement scolaire. Ici, on doit gérer les hommes et leurs désirs politiques, éviter au maximum les tensions, et donner au pays l’opportunité de se doter d’une classe politique de son choix.

Mises à l’épreuve de la gestion des affaires politiques du pays, dans le volet si sensible des élections crédibles et transparentes, les confessions religieuses – quelle que soit leur dénomination ou leur envergure – ont péché par leur manque de lucidité à se trouver un consensus. Au point que désigner le président de la Céni apparaît comme une tâche titanesque, impossible à réaliser par les religieux. Mais qu’ils le disent à haute et intelligible voix, et les politiques s’en chargeront de la manière que l’on sait. Dommage !

Espérons que la présente prolongation bénéficiera du souffle du Saint Esprit. Sinon, les intérêts partisans, ou plutôt politiques, l’emporteraient sur la quête de l’impossible consensus à dégager avec et au sein de la religion. Comme si rien ne presse dans la conduite d’une nation. Comme si l’urgence jadis proclamée du dossier Céni n’était que pure diversion politico-religieuse.

LP