Sécurité alimentaire : la RDC valide et endosse les résultats de l’analyse du 19ème cycle de l’IPC

Sécurité alimentaire : la RDC valide et endosse les résultats de l’analyse du 19ème cycle de l’IPC

14 septembre 2021 0 Par Rédaction

Le gouvernement congolais, par le truchement du Ministère de l’Agriculture a procédé, le lundi 13 septembre 2021, à la validation du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un outil technique fédérateur, rigoureux et transparent qui examine et place dans de matrices d’analyse de données secondaires récentes venues de diverses sources et méthodologies.

C’est le professeur Apollinaire Biloso Moyene, Directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture qui a présidé la session de validation, par le Gouvernement de la République démocratique du Congo, de résultats de l’analyse du 19ème cycle de l’insécurité alimentaire au pays à travers le cadre consensuel de l’IPC. Ainsi, la RDC s’engage à prendre de bonnes décisions en faveur des congolais en situation de vulnérabilité.

Un tableau sombre

Selon les résultats actuels de l’IPC (février-juillet 2021), 27,3 millions soit 25% de la population analysée sont en besoin d’une intervention urgente (phase 3 et 4 de l’IPC) dont 6,7 millions sont en urgence (phase 4 de l’IPC). Les résultats de l’analyse indiquent que 9 territoires de la RDC sont en urgence (phase 4 de l’IPC) et 93 en crise (phase 3 de l’IPC). A en croire ces résultats, 4,6 millions soit 21% de la population en zone urbaine est en phase 3 et 4 de l’IPC et 14 zones urbaines sont crise (phase 3 de l’IPC).

Pour le Représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) en RDC, Peter Musoko, ce tableau est sombre. « La situation de la faim en RDC est alarmante depuis un certain temps déjà », rappelle-t-il, soulignant qu’avec chaque étude de l’IPC, « nous nous approchons de plus en plus du tableau réel ». « Mais, laissez-moi vous dire qu’il est sombre », a-t-il affirmé.

« Cette fois-ci, nous avons été en mesure de couvrir plus de terrains et d’obtenir une image plus précise de la situation. Malgré cela, c’est très souvent, la crise la plus oubliée au monde. Pour une RDC libérée de la faim, il est presqu’inconcevable qu’autant de personnes se couchent chaque soir le ventre vide dans ce pays riche », a déploré le Représentant du PAM en RDC.

Pour parvenir à endiguer la faim en RDC, Peter Musoko pense que « nous devons nous attaquer aux causes profondes de la faim et donner aux communautés les outils et les connaissances dont elles ont besoin pour devenir autonomes ».

L’IPC fait la compilation de 4 indicateurs: la consommation alimentaire ; l’évolution des moyens d’existence ; l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans et la mortalité et l’impact de chocs sur les piliers de la sécurité alimentaire (les disponibilités alimentaires, l’accès, l’utilisation et la stabilité).

Avant l’avènement de la pandémie à Covid-19 en mars 2020, les analyses IPC étaient organisées en présentiel dans les chefs-lieux des provinces ayant les profils des moyens d’existence similaires et ayant subi des chocs qui affectent la production de ménages, l’accès aux marchés des biens et services surtout pendant la période de restrictions dues à la pandémie à Covid-19 et dont le mauvais état de voies de dessertes agricoles entravent les échanges entre les zones de production (zones rurales) et celles de consommations (zones urbaines).

« Eradiquer la faim »

D’après le Représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO),  Aristide Dagone, les analyses IPC aiguë du 18ème cycle en 2020 et du 19ème cycle, en 2021, se sont déroulées en mode virtuel à cause de la pandémie à Covid-19. Et chaque technicien du Gouvernement était directement connecté à la plateforme d’analyse en ligne ISS. « Ainsi, le processus est suivi instantanément par l’ensemble des analystes de toutes les provinces du pays et par l’équipe de soutien GSU basée à Nairobi, Johannesburg et Rome », a-t-il soutenu.

La FAO et le PAM, réitèrent leur engagement de continuer à soutenir ce processus qui permet à la communauté humanitaire de la RD Congo et les décideurs à quantifier, de manière approximative, le nombre de personnes dans les besoins et celles ciblées pour la réponse d’urgence.

« L’objectif que nous sommes assigné reste celui d’éradiquer la faim, l’insécurité alimentaire, la malnutrition et améliorer la résilience des moyens d’existence face à des catastrophes et autres menaces qui affectent les systèmes alimentaires et agricoles », a déclaré Aristide Dagone.

Par Stanislas NTAMBWE