Présidence de la CENI : la énième rencontre entre religieux accouche d’une souris

Présidence de la CENI : la énième rencontre entre religieux accouche d’une souris

2 octobre 2021 0 Par Rédaction

Les violons ne se sont toujours pas accordés entre les chefs des confessions religieuses au sujet de la désignation du prochain président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Réunis en plénière, ce samedi 02 septembre 2021, au Centre interdiocésain de Kinshasa, ces pasteurs n’ont pas su accorder leurs vues, créant ainsi une impasse qui ne laisserait pas le choix au Parlement et/ou au président de la République de s’interposer.

Ce sont des rencontres aux allures d’un folklore pour distraire l’opinion. Le temps n’étant pas notre allié, les divergences de vue entre des chefs religieux ouvriraient la voie à la jurisprudence s’imposent. Il n’y a aucune intention dans les deux camps pour faire avancer les choses dans l’intérêt général.

Entre les six confessions religieuses et les deux églises, catholique et protestante, c’est une affaire des rapports de force. Chaque camp protagoniste campe sur sa position. D’où la question de savoir : où est l’intérêt du peuple que chaque camp prétend défendre ?

D’un côté, il y a les six confessions religieuses incarnées par le pasteur Dodo Kamba. Et de l’autre, les deux églises : catholique et protestante incarnées par Abbé Donatien Nshole. Le camp Kamba estime que ce débat est clos et qu’il faille tourner la page et regarder dans une nouvelle direction, celle de laisser la question à l’appréciation du Parlement. Mais le camp Nshole qui semble bloquer la machine, croit en une nouvelle  possibilité de se retrouver encore le lundi avec les six.

Le groupe des six dit avoir tenté de convaincre en vain les autres pour les rejoindre mais, sans succès. « On a tenté de convaincre nos confrères pour pouvoir nous rejoindre et revenir à la raison et nous suivre dans cette ligne parce que les temps courent. Nous ne voulons pas porter la responsabilité du glissement comme nous l’avons dit alors ça n’a pas été facile, il y a eu encore beaucoup trop de choses. Nous respectons les avis de chacun de nous et surtout les avis qui viennent des églises sœurs, la CENCO et l’ECC. Nous avons fait un travail, le reste vous le saurez lorsque l’Assemblée nationale recevra la correspondance que nous allons lui adresser », a tranché le pasteur Dodo Kamba, responsable des églises de réveil du Congo.

Alors que le camp des deux considère que « pour aujourd’hui, c’est la fin. Nous sommes encore à la case de départ et prenons patience. Jusqu’à présent pas des compromis, l’avenir nous dira quoi. Dieu seul sait pour la suite, nous avons encore lundi », soupire Donatien Nshole de l’église catholique.

Dans cette cacophonie entre ceux qui devraient prêcher par l’exemple, plusieurs observateurs redoutent un chèque en blanc vers le glissement  qui pouvait être évité. Dans le cas échéant, l’Assemblée nationale et/ou le président de la République devraient s’assumer en usant des prérogatives qui leur sont reconnues par la constitution.

Par ailleurs, le peuple congolais n’est ni naïf ni dupe. Il observe et sait voir d’où et par qui viendra l’erreur. Ces chefs religieux ont intérêt de se surpasser et aplanir les divergences en vue de préserver les acquis et l’élan de l’alternance pacifique au sommet de l’Etat. C’est ici le lieu d’en appeler au sens de responsabilité de chaque acteur, individuel ou collectif,  du rôle qu’il doit jouer pour un atterrissage en douceur du processus électoral. Lundi, c’est juste la chambre à côté, attendons voir !

Par Stanislas NTAMBWE