Ituri : MSF condamne une attaque contre ses équipes et suspend ses activités à Bambu

Ituri : MSF condamne une attaque contre ses équipes et suspend ses activités à Bambu

31 octobre 2021 0 Par Rédaction

Dans un communiqué publié, le 29 octobre 2021, l’Ong Médecins sans frontières (MSF) condamne une attaque contre son équipe composée de cinq personnes, dans la province de l’Ituri. A cet effet, MSF décide de suspendre temporairement ses activités dans la zone de Bambu.

Selon le communiqué, cette équipe s’est rendue dans la zone de santé de Bambu pour « assister des populations isolées ». C’est sur le chemin de retour – vers 15h 50’- rapporte-t-on, que des hommes armés, non identifiés, ont tiré pour « une raison inexpliquée » sur le véhicule MSF, blessant deux employés avec des projectiles balistiques à l’aisselle droite et au bassin. Selon le communiqué, les deux blessés ont néanmoins été pris en charge rapidement et se trouvent dans un état stable. L’ensemble de l’équipe a été évacué vers la ville de Bunia ».

Le convoi a essuyé des tirs, alors qu’il arborait de manière visible et ostensible, les identifiants et emblèmes de l’organisation.

« C’est inacceptable, nous condamnons toutes les formes d’entraves et de violences exercées contre les secours médicaux, nos patients et les membres de notre personnel, » s’indigne Frédéric Lai Manantsoa, chef de mission de MSF en Ituri. Avant de poursuivre, « Nous sommes choqués par cette nouvelle et alarmés de cette dynamique qui sévit dans la province. C’est le deuxième incident grave de cette nature qui intervient en quelques mois dans cette zone, et cette fois-ci directement à l’encontre d’un véhicule clairement identifié comme médical et humanitaire, ».

En juin dernier, l’organisation MSF avait déjà exprimé son indignation face à la destruction et au pillage de l’Hôpital général de référence de Boga, dont la structure était critique pour les habitants de la région. MSF avait coordonné sa réhabilitation, mais des années d’efforts sont parties en fumée en quelques minutes. « La violence contre les civils est constante, l’insécurité est grandissante pour la population, pourtant il est nécessaire que nous puissions nous frayer un chemin pour les assister », conclutle chef de mission de MSF.

Par ailleurs, MSF a décidé de suspendre temporairement ses activités dans la zone de Bambu.

Il sied de noter que MSF appuie trois hôpitaux généraux de référence en Ituri, 12 centres de santé, quatre postes de santé et 32 sites de soins communautaires dans les zones de santé de Drodro, Nizi et Angumu. Ce, pour la prise en charge des maladies pédiatriques, de la malnutrition, du paludisme, des violences sexuelles et de la santé mentale.

Paradoxe

Il faut rappeler que l’Ituri est l’une des deux provinces de la République démocratique du Congo où l’état de siège a été déclaré par le président de la République depuis le mois de mao dernier. Qui plus est, les deux provinces sont dirigées par les militaires, les civils ayant été mis à l’écart. Le paradoxe c’est lorsque plus des cas d’insécurité sont souvent rapportés dans les mêmes provinces où l’état de siège pourrait être prorogé cette semaine.

Il y a lieu de se demander à propos de l’impact réel de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. Seraient-ce des cas isolés ou simplement l’autorité de l’Etat  échappe-t-il au contrôle des nouvelles autorités militaires. Ces dernières devraient renforcer les mesures de sécurité et accentuer la répression contre les coupeurs des routes qui s’empennent même aux civils et aux humanitaires.

Sinon, l’état de siège n’aura pas servi à grand-chose. Les gouverneurs militaires de l’Ituri et du Nord-Kivu doivent s’inscrire dans la logique du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi qui les a nommés, pour ne pas prêter le flanc aux ennemis de la paix qui ne voulaient pas de cette mesure particulière et nécessaire.

Par Stanislas NTAMBWE