RDC : En clandestinité depuis plus de 2 ans, les ONGDH craignent pour la sécurité de Dielombaka Zolela Lena

RDC : En clandestinité depuis plus de 2 ans, les ONGDH craignent pour la sécurité de Dielombaka Zolela Lena

20 décembre 2021 0 Par Rédaction

Cela fait bientôt deux ans que la coordonnatrice de l’UFEVEA, Dielombaka Zolela Lena, vit dans la clandestinité suite aux menaces de mort dont elle faisait l’objet de la part des caciques de l’ancien régime de Kinshasa. Cette situation ne laisse pas indifférentes les Organisations de défense des droits de l’homme (ONGDH) et autres acteurs de la société civile en République démocratique du Congo (RDC). Ils sont montés au créneau pour tirer la sonnette d’alarme, appelant ainsi le nouveau régime d’assurer la sécurité de leur collègue.

Dans un communiqué publié, le 19 décembre 2021, l’Association africaine de des défense des droits de l’Homme (ASADHO) dit craindre pour la sécurité de Dielombaka Zolela Lena, coordonnatrice de l’Union des femmes veuves et enfants abandonnés (EFEVEA), qui vit dans la cachette depuis décembre 2019.

De l’autre côté, la famille de cette activiste des droits humains est toujours inconsolable car, n’ayant plus des nouvelles de leur digne fille qui n’avait pour vocation que d’aider les veuves et autres orphelins à travers son ONG.

Chronologie des faits

Il faut rappeler que, quelques jours avant sa disparition dans la nature, Dielombaka Zolela Lena avait fait part à ses proches de plusieurs menaces de mort et autres actes d’intimidation dont elle était victime de la part de certains dignitaires du Front commun pour le Congo (FCC), une plateforme politique chère à l’ancien chef de l’État congolais, Joseph Kabila. Ces faits ont été également relayés par certains médias locaux.

En effet, l’épisode remonte au 30 octobre 2019, le jour où l’administrateur gestionnaire du centre hospitalier VIJANA, Belvis Nkunku, a été assassiné par un policier du nom de Gaetan Ekawa alias Ekanga Nyama, commis à la sécurité du ministre provincial de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Dolly Makambo Nawezi. Selon les témoins, c’est aux ordres de ce dernier que le policier aurait tiré.

La scène qui a été filmée, a défrayé la chronique et alimenté les commentaires sur les réseaux sociaux, au point d’attirer l’attention de tous. Le policier tueur ayant pris le large quelques minutes après son forfait, c’est son patron qui devrait répondre de cet acte odieux. Kabiliste de première heure, Makambo Dolly a été jugé et condamné, le 21 novembre 2019, à 10 ans de servitude pénale par la Cour militaire pour « association des malfaiteurs ». Depuis lors, l’intouchable kabiliste séjourne à la prison de Makala, purgeant ainsi sa peine

Des sources concordantes rapportent qu’une affaire de spoliation d’un terrain dans la grande concession de l’hôpital VIJANA, serait à la base de cet incident malheureux qui a coûté la vie au gestionnaire de cet établissement hospitalier.

Le mercredi 30 octobre 2019 autour de 11h30’, le ministre provincial Makambo Nawezi Dolly, escorté par les éléments de la Police nationale congolaise à bord d’une jeep, a débarqué sur le lieu. Ces policiers ont commencé à brutaliser les agents du Centre VIJANA et les menaçant de mort.

Le prix à payer?

Constitués partie civile dans le procès de Dolly Makambo, la veuve et orphelins du gestionnaire lâchement abattu, avaient sollicité l’assistance des Ongdh pour que justice soit rendue à Belvis Nkunku.

C’est ainsi que la coordonnatrice de l’UFEVEA n’a pas hésité à apporter son assistance à cette famille éplorée et en détresse. Mais, cette décision de Dielombaka Zolela Lena ne sera pas sans conséquences. Elle deviendra une bête noire à abattre, quelque soit le prix.

Des messages et autres appels anonymes, teintés de menaces de mort, coulent à flot contre tous ceux qui prenaient la partie de la défense. Les sociétaires et membres de la famille politique de l’ancien ministre provincial de l’Intérieur ne juraient par l’élimination physique de quiconque oserait mettre son nez dans cette affaire. Et Dielombaka Zolela Lena n’a pas été épargnée.

Quelques jours après la condamnation à 10 ans de prison ferme du kabiliste Makambo Nawezi Dolly par la Cour militaire, plusieurs activistes de droits humains ont dénoncé des menaces de mort à leur endroit. Nombreux ont été contraints à l’exil, d’autres par contre, ont choisi de vivre en clandestinité, craignant ainsi pour leur vie. C’est le cas de Me Jordan Mukendi, M. Stanis Ntambianza, Me Junior Mudipanu…

Le cas de la coordonnatrice de l’UFEVEA, Dielombaka Zolela Lena est le plus préoccupant. En dépit du temps que cet épisode a pris, cette brave femme et ses quatre enfants restent introuvables dans tous les radars. D’aucuns craignent pour sa sécurité et celle de ses enfants. L’Etat de droits étant le leitmotiv du nouveau régime de Kinshasa, il est appelé à s’impliquer pour assurer la sécurité de Dielombaka Zolela Lena, cette défenseure des opprimés qui n’a rien fait d’autre que d’aider les personnes nécessiteuses.

La Rédaction