« L’anticorruption au regard des droits des femmes », au centre d’une matinée de réflexion à Kinshasa

« L’anticorruption au regard des droits des femmes », au centre d’une matinée de réflexion à Kinshasa

27 mars 2022 0 Par Rédaction

L’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), en collaboration avec l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) et Open society initiative for South Africa (OSISA) a organisé, le vendredi 25 mars 2022, à l’Hôtel Pullman de Kinshasa, une matinée de réflexion axée sur « la Promotion de l’autonomisation des femmes et des filles ainsi que l’égalité des sexes dans le contexte de la lutte contre les changements climatique et la réduction des risques des catastrophes ».

Dans son mot d’ouverture, le coordonnateur de l’APLC, Thierry Mbulamoko a reconnu que, « sans égalité des sexes, un avenir durable, égalitaire et apaisé resterait hors de notre portée, tant il est démontré que les femmes et les filles paient le plus lourd tribut de la crise climatique ». Cette crise climatique, rappelle-t-il, représente l’un des plus grands défis de notre époque.

D’où la nécessité de « réfléchir sur les causes, les manifestations, les conséquences socio-économiques et les stratégies de lutte à développer, pour réduire l’ampleur de la corruption, à défaut de l’éradiquer complètement, de manière générale, et à l’égard des femmes et filles dans le contexte de changements climatiques, en particulier », a ajouté le coordonnateur de l’APLC.

Impact disproportionné de la corruption sur les femmes

Dans son exposé, Ina Kernstock-Kalbusch, gestionnaire du projet anti-corruption à l’ONUDC, a mis l’accent sur l’implication de la femme dans la lutte contre la corruption pour capitaliser la gestion du fond forestier. « Les femmes sont-elles moins corrompues que les hommes? », s’est-elle interrogé d’entrée de jeu. Pour cette experte onusienne, une femme n’est pas moins corrompue que l’homme surtout lorsqu’elle est dans une position d’avantage et/ou de pouvoir.

« La dimension précédente de la répartition inégale du pouvoir entre les hommes et les femmes dans la société est utile pour comprendre pourquoi la corruption peut avoir un impact disproportionné sur les femmes par rapport aux hommes », a indiqué Ina Kernstock-Kalbusch. Ainsi, pense-t-elle, que ce fléau affecte la sécurité humaine et, de manière disproportionnée, les femmes.

« Les femmes sont plus susceptibles de s’opposer à la corruption dans les contextes démocratiques que dans les contextes autoritaires. Lorsque la responsabilité électorale et les institutions démocratiques sont améliorées, une augmentation de la participation politique des femmes peut effectivement réduire davantage la corruption. Ainsi, prétendre que les femmes sont moins corrompues que les hommes, « renforce les stéréotypes de genre et nuit aux efforts visant à inclure davantage de femmes en politique », a expliqué la chargée de projet anti-corruption à l’ONUDC.

« Atténuation et de adaptation » 

Pour sa part, Maribé Mujinga Nsompo, Directeur-chef de service Règlementation et contentieux environnementaux (MEDD), a exposé sur la « Sécurisation des fonds allouées aux femmes dans le développement durable en vue de prévenir toute tentative de corruption et faits assimilés ». A l’en croire, « le changement climatique et les catastrophes affectent différemment les femmes et les hommes » ; Elle relève pour sa part, cinq effets du changement climatique sur les femmes.

Maribé Mujinga renseigne que, le changement climatique peut notamment, mener à une plus grande violence basée sur le genre ; contribuer à la hausse du mariage d’enfants ; avoir pour conséquence la mortinatalité; perturber la santé sexuelle et procréative ainsi que, limiter l’accès à la contraception. L’oratrice a aussi donné quelques moyens pour faire face au changement climatique. Il s’agit de l’ « atténuation et de l’adaptation ».

Par ailleurs, un débat riche en idées avec l’auditoire a suivi les deux exposés conjugués au féminin, une façon pour l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption de clore, à sa manière, le mois de la Femme.

Par Stanislas NTAMBWE