CINAT : Une cabale contre le contrat d’amodiation entre l’État congolais et la firme indienne Diamond Cement

CINAT : Une cabale contre le contrat d’amodiation entre l’État congolais et la firme indienne Diamond Cement

11 juillet 2022 0 Par Rédaction

Après douze ans d’arrêt des travaux à la Cimenterie nationale (CINAT), un contrat d’amodiation venait d’être signé, le 7 mai 2022, entre l’État congolais (via le ministère du Portefeuille, avec le concours technique des ministres de l’Industrie et des Mines) et la firme indienne, Diamond Cement, pour la relance des activités. Ce nouveau contrat présente des atouts, notamment sur les plans technique et social, suscitant un espoir et une satisfaction pour la communauté de Songololo, dans le Kongo Central. Mécontents du début des travaux d’assainissement sur le terrain, certains lobbies du secteur ont monté une cabale susceptible de créer des troubles dans le chef des agents en vue de faire échec à ce contrat ambitieux.

 La Cimenterie nationale (CINAT) a connu une existence douloureuse depuis sa création en 1974. C’est là que se font sentir les premières traces de son malheur. Dépourvue des équipements adéquats de carrière ainsi que d’un fond de roulement lui permettant d’acquérir les intrants nécessaires à son exploitation, l’entreprise va être livrée à la merci des banques qui vont lui faire des crédits à des taux exorbitants pour se fournir les intrants à 90% importés.

Cette jeune entreprise est obligée de faire face à l’arrogance de la concurrence imposée par le géant qui avait le monopole du marché du ciment en République démocratique du Congo (RDC), au Congo Brazzaville et en République Centrafricaine. En moins de dix ans, les signes d’essoufflement se manifestent, obligeant le gouvernement congolais à injecter des capitaux frais à deux reprises à cette entreprise qui ne dépassera jamais une moyenne annuelle de production de 20 milles tonnes, sur les 300.000 de sa capacité installée.

Descente aux enfers de la CINAT

En dépit de cette double intervention financière de l’État, la situation de l’entreprise va de mal en pis. Les conditions qui favorisaient le recours à l’appui bancaire étaient devenues de plus en plus difficiles. L’État qui avait déjà vu augmenter, à 92%, ses participations à la suite de ces deux interventions, ne pouvait plus s’intéresser à l’achat des parts minoritaires, d’autant plus que la valeur de ces parts ne pouvait aider à faire face aux besoins de l’entreprise dont l’outil de production commençait aussi à accuser quelques faiblesses au niveau de certaines sections.

L’aggravation de la situation financière et technique a coïncidé avec le départ en sourdine, de tout le management expatrié que les accords entre l’Etat congolais et la firme Klochner avaient placé à la tête de l’entreprise. Le dernier Directeur commercial et financier de Klochner a jeté l’éponge en 1992, après que la proposition de la liquidation de l’entreprise qu’il avait faite n’avait pas été prise en compte par le Gouvernement.

En 1993, un effort de maintien de l’usine a été amorcé avec la signature d’un contrat programme avec le Conseil supérieur du Portefeuille, grâce à un crédit fournisseur signé avec un sujet indien. C’est ainsi qu’entre 1994 et 1995, un planning de réhabilitation et d’acquisition chiffré à 14 millions de dollars avait été amorcé et exécuté à la satisfaction des travailleurs qui ont vu leur social s’améliorer durant cette période. Cependant, la joie n’aura été que de courte durée. En 1997, alors que Laurent-Désiré Kabila prenait le pouvoir, une restructuration politicienne de l’entreprise a été imposée, en créant des postes de commandements inappropriés et occupés par des proches du pouvoir. C’est le début d’une longue période d’incertitude et de bataille de leadership pour un positionnement politique. La CINAT s’effondre à nouveau jusqu’à son arrêt définitif en 2011.

En 2018, Félix Tshisekedi, alors candidat président de la République a été informé de la situation macabre que traversait la CINAT. Une fois au pouvoir, en décembre 2018, le Chef de l’État avait dépêché son Premier ministre qui confirmera sa volonté de résoudre le problème de la CINAT.  Finalement, un contrat d’amodiation a été signé, le 7 mai 2022, entre la firme Diamond Cement et le Ministère du Portefeuille, avec le concours technique des ministres de l’Industrie et des Mines. Ce contrat d’espoir présente des atouts sur les plans technique et social.

a) Sur le plan technique :

Modernisation de l’outil de production pour rendre les installations compétitives ; maintenance suivie pour remettre à l’Etat Congolais un outil de production viable à la fin du contrat ; Acquérir des équipements de carrières permettant la découverture des autres carrières restées inexploitées à ce jour, soit 4 sur Cinq.

b) Sur le plan social :

  • Paiement d’une avance, équivalente à 10 mois de salaire pour la majorité des classifiés, sur les arriérés des salaires de 12 ans ainsi que sur la pension des retraités ; recrutement progressif des agents actifs en tenant compte de leur âge ainsi que de leur habilité à la remise à niveau des compétences ; Mise en place d’un cahier des charges de développement communautaire.
  •  

c) Sur le plan des effets induits

La remise en exploitation des installations de la CINAT va entraîner le démarrage des activités de l’entreprise Ciment du Congo (CICO) qui appartient au même groupe que DIAMOND, ouvrant ainsi des opportunités d’emplois et économiques énormes pour les habitants  du Kongo Central.

Concurrence déloyale ?

Ce succès est rendu possible grâce à la vision du président de la République, Félix Tshisekedi, mise en œuvre par le gouvernement des « Warriors » que dirige le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde. Ce qui ne peut jouir les réseaux mafieux qui ont fait de l’arrêt des activités de la CINAT leur fonds de commerce auprès de certaines firmes concurrentes, prêtes à débourser des fonds pour maintenir la CINAT dans le coma.

Ainsi, surpris par la signature de ce contrat de type nouveau entre l’État congolais et la firme Diamond Cement, les lobbies mafieux du secteur, redoutant déjà la rude concurrence qui s’annonce sur le marché du ciment gris, se liguent avec certaines personnalités politiques en mal de positionnement, pour instrumentaliser les agents de la CINAT. Tout porte à croire que, c’est la qualité incontestée du calcaire que contiennent les 5 carrières de la CINAT et l’emplacement de ses installations par rapport aux voies d’évacuation qui font peur. Mais aussi, la qualité des travaux effectués par DIAMOND, en seulement deux mois de la signature du contrat.

Cette « association des malfaiteurs » est appuyée par certains anciens mandataires et chefs des terres qui ont spolié la concession de la CINAT. Ils ont tenté de fomenter des troubles, menaçant la sécurité de la cité de Kimpese pour les mettre sur le dos du contrat. Le schéma monté serait de pousser les agents, à qui il avait été demandé de rester chez eux en attendant la fin des travaux d’assainissement des lieux et de réhabilitation des machines, à retourner à l’usine alors que 12 ans durant, beaucoup de ces agents n’y mettaient même plus les pieds.

Mais, ce plan macabre a été déjoué par la Providence divine. Cette cabale aurait exposé des innocents qui n’ont eu comme malheur que de contribuer au bonheur de leurs semblables, à être livrés en pâture à la méchanceté humaine.

En effet, quelle autre intention conduirait des personnes censées à réclamer aux agents de reprendre le travail dans l’immédiat, alors que les conditions ayant motivé l’arrêt de ce travail pendant 12 ans demeurent ? Comment ces fossoyeurs peuvent-ils demander à un investisseur qui n’a pas encore mis en marche l’outil de production de payer des salaires à des personnes qui n’ont pas encore produit l’argent nécessaire pour couvrir ces salaires ?

« Atteinte » à la vision du chef de l’État

Sans une analyse approfondie de la situation, l’Assemblée provincial du Kongo Central se lance dans la danse. Elle dépêche une commission parlementaire de 4 députés provinciaux accompagnés de 25 « experts » pour une mission de 5 jours, afin de juguler un prétendu conflit professionnel que le contrat aurait créé. Et comme si cela ne suffisait pas, un autre politicien, candidat malheureux aux élections de gouverneur, celui-là même qui aurait promis des tonnes de ciment de l’ex-CINAT au président de l’Assemblée provinciale et qui se croit propriétaire de cette entreprise avec laquelle il aurait eu des accords que son incapacité financière ne lui a pas permis d’honorer, va manifester son banditisme nauséabond, en obtenant une exécution cavalière d’un jugement obtenu dans le noir au tribunal de Matete, dans un semblant de procès intenté contre la CINAT et l’État congolais. Ridicule !

En outre, pendant que la ministre d’État du Portefeuille recevait le partenaire pour une évaluation des avancées du contrat à trois mois de sa signature, l’incivique attitré a dépêché un bataillon des éléments de l’armée et de la police occuper les installations en pleine réhabilitation, chassant les techniciens, les travailleurs engagés aux travaux de réhabilitation des bâtiments et des équipements ainsi que les éléments affectés à la sécurité des lieux. Ceux qui se demandent pourquoi le pays est dans la situation chaotique qui le caractérise actuellement et pourquoi une réticence des investisseurs à venir au pays, ont là une réponse très éloquente.

Lorsqu’on assiste à un tel comportement manifesté par un prétendu notable de la province, il est facile aussi de comprendre pourquoi la CINAT est restée dans l’oubli pendant si longtemps. Lorsque cet acte ignoble est en plus posé par un prétendant au poste de gouverneur de province, un seul mot peut mieux définir ces agissements : sabotage. Il veut saboter l’action du chef de l’État qui a fait sourde oreille à ses flatteries et trafic d’influence, d’une part, et d’autre part, il veut que le mandat du gouverneur élu à sa place soit marqué par un malaise social dans la cité de Kimpese.

Par-dessus tout, le gouvernement de la République est appelé à prendre les dispositions qui s’imposent afin de déceler et décourager ce réseau mafieux, leurs animateurs et leurs complices politiques. Affaire à suivre.

La Rédaction