RDC: Au moins 36 personnes tuées et 170 autres blessées  au cours des manifestations anti Monusco

RDC: Au moins 36 personnes tuées et 170 autres blessées au cours des manifestations anti Monusco

3 août 2022 0 Par Rédaction

Le bilan des récentes manifestations de colère contre la MONUSCO dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, s’élève à  » 36 morts, dont 13 à Goma, 13 à Butembo dont 4 casques bleus, 4 morts à Uvira, 3 morts à Kanyabaonga, et 3 morts à Kasindi. À cela s’ajoute près de 170 blessés dénombrés », a rapporté le ministre de l’industrie, Julien Paluku, à l’issue d’une mission gouvernementale effectuée le 29 dernier à Goma. Considérant le rapport de la commission spéciale sur ces incidents malheureux, le Gouvernement congolais vient d’hausser le ton et décide la réévaluation du plan de retrait de la mission onusienne en République démocratique du Congo (RDC).

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a dépêché le 29 juillet dernier, une mission composée de quelques membres du Gouvernement à Goma (Nord-Kivu). L’objectif de cette mission consistait notamment, à témoigner la solidarité des autorités congolaises aux familles éplorées et évaluer la situation sécuritaire dans la région.

À l’issue de cette mission, le Gouvernement congolais a tenu, ce mardi 02 août 2022 un briefing de restitution, animé conjointement par Julien Paluku, ministre de l’Industrie ; Modeste Mutinga, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale ; et Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias. Ils ont, au cours de ce briefing à la presse, présenté le rapport de la Commission spéciale gouvernementale sur les récents incidents malheureux et les mesures envisagées.

Le ministre Julien Paluku, ancien gouverneur et notable du Nord-Kivu, a dressé un tableau sombre du bilan des incidents. « Il y a eu », a-t-il affirmé.

Durant leur mission à Goma, les envoyés de Félix Tshisekedi ont rencontré les acteurs de la Société civile, les mouvements citoyens, les confessions religieuses, les femmes et les jeunes. Tous ont parlé du même langage et ne jurent que sur la fin immédiate de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo.

Julien Paluku relève quatre éléments qui justifient le départ de la Monusco du sol congolais.

Monusco « acteur majeur » de la guerre

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu note que, toutes ces manifestations arrivent dans un contexte de guerre qui ne se termine pas durant au moins, trois décennies. À l’en croire, la population considère la Monusco comme « acteur majeur » et ne sait pas comprendre comment la Monusco, pendant tout ce temps, n’est pas en mesure d’aider le gouvernement à en découdre avec cette guerre.

Julien Maluku constate également que, toutes les personnes qu’ils ont consultées ne sentent plus l’appui de la Monusco aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), comme ce fut le cas en 2013.

Ensuite, la récente déclaration fracassante du porte-parole de la Monusco, note Julien Paluku, est perçue dans l’opinion comme « un aveu d’impuissance ». Pour la population, a-t-il poursuivi, cette déclaration prouve la fin de la présence de la Monusco en RDC.

Pour sa part, Modeste Mutinga a informé que le Gouvernement a assisté les familles des victimes pour les organisations des obsèques à Goma et à Butembo. Il reconnaît en outre que, les efforts restent tout de même à faire afin que Kinshasa poursuive l’assistance aux populations victimes des incidents.

« Le mandat principal de la MONUSCO c’est la protection des civils. On ne peut pas accepter que les casques bleus tirent à bout portant et de sang froid sur la population qu’ils sont censés protéger », a tonné de son côté, Patrick Muyaya, ministre de la communication et médias, avant d’affirmer que les responsables impliqués dans les incidents de Kasindi ne feront plus partie de la MONUSCO.

Notons que cette restitution de la délégation gouvernementale dépêchée à Goma arrive 24 heures après la réunion de la commission spéciale du gouvernement le lundi 01 août 2022 autour du Président de la République, Félix Tshisekedi, sur la situation sécuritaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Cette réunion avait permis à Kinshasa de réévaluer le plan de retrait de la MONUSCO, mieux, de raccourcir la présence de cette mission en RDC, alors que retrait est prévu jusqu’ici, en 2024.

Par Stanislas NTAMBWE